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Turquie : l'indignation après le classement de l'affaire Sivas

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Turquie : l'indignation après le classement de l'affaire Sivas

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Ce sont en tout des milliers de manifestants qui ont battu le pavé à Izmir, à Istanbul, mais aussi à Ankara, où un magistrat a décidé mardi de classer l’affaire Sivas. Sivas, du nom de cette ville du centre de la Turquie, où, en juillet 1993, un hôtel accueillant des écrivains et des personnalités libérales a été mis à feu.

On dénombre alors 37 morts, et une soixantaine de blessés.

Cinq militants islamistes sont accusés, mais ils ne seront jamais retrouvés et ne risquent plus d‘être inquiétés : quinze ans après les faits, il y a prescription.

Une décision de justice que dénonce le chef du CHP (Parti républicain du peuple), le principal parti d’opposition, Kemal Kilicdaroglu :

“ C’est une honte que les coupables ne soient pas derrière les verrous et que l’affaire soit classée en raison du délai de prescription. Une telle situation est inacceptable. Cette décision nuit à l’image de la Turquie, un pays libre qui fait son maximum pour les droits de l’homme.”

En classant l’affaire Sivas, la justice turque considère qu’il ne s’agit pas d’un crime contre l’humanité. Mais il s’agit d’un “affront contre l’humanité”, s’indigne encore le chef du Parti républicain du peuple, le principal Kemal Kilicdaroglu. Il accuse le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan et son parti, l’AKP, issu de la mouvance islamiste, d’avoir entravé l’enquête.

Hormis les principaux suspects, trente personnes ont été condamnées à la réclusion à perpétuité.