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Joachim Gauck, un homme de convictions


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Joachim Gauck, un homme de convictions

Joachim Gauck, le 11e Président de la République Fédérale d’Allemagne. En entrant au palais Bellevue, ce pasteur luthérien de 72 ans amène avec lui toute une page de l’histoire allemande de ces 70 dernières années.

Joachim Gauck est né en 1940, en pleine seconde guerre mondiale, à Rostock, dans le nord est de l’Allemagne. Une période marquante pour la famille Gauck. Son père, capitaine de marine pendant la guerre, est arrété ensuite par les soviétiques, et déporté en Sibérie durant quatre ans, de 1951 à 1955.

Joachim Gauck en tire une haine profonde du communisme. Elle lui coupe les portes des études de journalisme ou de la philosophie, qu’il envisage.

A 19 ans, il opte donc pour la théologie, chemin alternatif pour lui au marxisme socialiste imposé dans la RDA.

En 1967, il devient pasteur.

Rostock est la plus grande ville de la région, et la cité est-allemande grandit, sans églises. Dans l’ex RDA, mener son ministère est possible, en toute discrétion. Contrairement à la Pologne, où l‘église s’est toujours opposée à l‘État communiste, ici, elle a choisi le consensus avec les dirigeants soviétiques et est-allemands. «l‘Église dans le socialisme”, c’est le slogan de ces hommes de foi.
Joachin Gauck est de ceux-là.

En dehors de sa congrégation, il s’engage aussi dans l‘Église évangélique luthérienne du Mecklembourg, et contribue à l’organisation des congrès d’Église.

Mais anti-communiste, il le reste, viscéralement. La Stasi, qui le surveille constamment, note dans son dossier son « incorrigible anticommunisme ». Mais jamais, il ne sera arrêté par la police secrète, contrairement à un Vaclav Havel, emprisonné lui pour ses convictions.

Son premier sermon ouvertement anti-gouvernement, il le prononce le 19 Octobre 1989, le lendemain de la chute de Honecker. Les défenseurs des droits civiques l’accusent aujourd’hui de n’être sorti de son silence que quand il ne risquait plus rien.

En tous cas, les semaines suivantes, le pasteur entre clairement en politique. Son cheval de bataille : les dossiers secrets de la Stasi. Lors des premières élections libres de mars 1990, il devient député sous l‘étiquette de la formation d’opposition Alliance 90. Il s’investit alors pour la dissolution du ministère de la Sécurité d’Etat.

Le 3 octobre, jour de la réunification, il est nommé commissaire fédéral pour les archives de l’ancienne Stasi. Il restera dix ans le patron de cette institution forte de 2000 fonctionnaires, indéfectible défenseur des droits de l’homme est- allemand.

Son action ces années-là, tout comme son rôle à la tête de l’association contre l’oubli et pour la démocratie à partir de 2003 lui valent aujourd’hui respect et reconnaissance au delà des frontières.

Un “professeur itinérant en démocratie” comme il aime à le répéter, membre d’aucun parti politique.

Joachim Gauck et sa femme sont séparés depuis 20 ans. Depuis 10 ans, il vit avec une journaliste, néanmoins ils ne sont pas mariés.

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