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Micro-bloggeurs en herbe

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Micro-bloggeurs en herbe

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En général, les réseaux sociaux n’ont pas leur place à l‘école. Mais depuis novembre dernier, à l‘école maternelle de Siarrouy, dans le sud-ouest de la France, la règle a changé. Ici, les stylos sont parfois remplacés par le clavier. Ici, ils n’ont pas encore 5 ans, et déjà, ils tweetent. Olivier Ménadier fait partie de ces enseignants qui ont pris le parti de faire du plus célèbre réseau de micro-blogging un véritable outil pédagogique. L’exercice est simple : le professeur écrit un message, et les élèvent doivent le reproduire sur l’ordinateur.

Pas besoin de savoir lire ou écrire. Pour le professeur, le but de l’exercice, en plus d’apprendre à reconnaître des caractères précis, c’est de travailler à synthétiser leurs pensées. Pas simple quand des milliers d’idées passent par la tête de ces petits, comme l’explique Olivier Ménadier : “Il y a des petits, quand on leur pose la question ‘qu’est-ce qu’on pourrait écrire ?’, ils répondent : ‘mon papa, il est fort !’. Ce qui n’a aucun rapport avec ce dont on parle ! Donc, arriver à tenir compte de ce que disent les autres pour construire une phrase commune, c’est aussi un objectif important.”

La classe d’Olivier Ménadier a créé son propre compte Twitter. L’accès est évidemment restreint et contrôlé par le professeur. Le micro-blogging fait office de canal de correspondance avec une autre école loin, très loin de là : à Calgary, au Canada.

Du côté des parents comme Sophie Herkenrath, l’idée a fait son chemin : “Ça fait partie des outils de travail de l’enfant maintenant, donc on ne peut pas passer à côté d’Internet, de toutes les possibilités. Donc c’est plutôt bien. Après, c’est comme tout, il faut cadrer, mettre des limites et surtout bien expliquer l’intérêt de ce genre d’utilisation.”

Aujourd’hui environ 150 classes comme celle-ci utilisent Twitter en France. Il s’agit de projets-pilote. Comme souvent, ce qui est nouveau suscite la méfiance. Certains critiquent la pertinence d’un tel outil. Le pédagogue Nicolas Szilas au contraire, en pense du bien : “Ce qui est intéressant avec ces technologies, quand elles deviennent communiquantes, c’est qu’on peut finalement sortir des quatre murs et faire un apprentissage plus authentique. Parce qu’on peut expliquer quelque chose dix fois en classe, mais comment le transférer après dans une situation réelle ? C’est là qu’il y a la grande difficulté.”

En Suisse, les nouvelles technologies ont elles aussi fait leur entrée dans les salles de classe. Dans cette école privée de Genève, les 1200 élèves utilisent des tablettes tactiles. Une initiative unique en Europe par son ampleur. Ce matin, les élèves de 7e – l‘équivalent de la 5e dans un collège français – suivent un cours de mathématiques en réseau. Plus besoin de se promener entre les tables. Depuis son bureau, le professeur Karim Hejjaj peut surveiller tout le monde : “On gagne en attention, on est sûr que tout le monde participe, on peut contrôler le travail de tout le monde séance tenante.”
_“Vous avez la sensation d’aller plus vite et d’être plus efficace ?”
_“Oui, beaucoup plus vite, beaucoup plus efficace, en tout cas c’est mon point de vue. Les enfants s’en servent maintenant comme si c‘était un outil qu’ils ont utilisé depuis toujours.”

Chaque tablette coûte 160 euros par enfant et par an. Autrement dit un prix relativement abordable pour un outil pédagogique qui semble inexorablement amené à se généraliser dans les années à venir.