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Syrie : l'Onu au pied du mur

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Syrie : l'Onu au pied du mur

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Le non-respect par le gouvernement syrien de ses promesses de retrait militaire amène le Conseil de Securité à envisager des sanctions contre Damas. Mais est-ce vraiment possible au regard des deux vétos mis précédement par la Chine et la Russie ? Le premier en octobre 2011, avait suscité cette accusation des Etats-Unis, par la voix de son ambassadrice aux Nations Unies Susan Rice : “Il ne s’agit pas d’intervention militaire, il ne s’agit pas de la Libye. C’est un petit stratagème de la part de ceux qui préfèrent vendre des armes au régime syrien plutôt que d‘être aux côtés du peuple.”

Le deuxième projet de résolution a lui aussi subi le véto sino-russe (4 février 2012) alors qu’il renoncait explicitement à une intervention militaire en Syrie et qu’il ne demandait plus la démission de Bachar Al Assad. L’ambassadeur russe devant l’Onu Vitaly Churkin avait justifié son véto en ces termes : “Les auteurs de cette résolution n’ont pas pris en compte les termes que nous avons proposés, selon lesquels l’opposition syrienne doit se distancer des groupes extrémistes qui perpétuent des actes de violence.”

C’est pour parvenir à ce consensus international que le plan Annan n’exige pas le départ du président syrien et met la pression presque autant sur son régime que sur l’opposition armée. Certains estiment même que Kofi Annan a laissé trop de marge de manoeuvre à Damas pour obtenir le soutien de Moscou. La Russie est un allié fidèle du régime d’Al Assad, mais sa patience a été mise a rude épreuve. Mardi, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov l’a d’ailleurs fait savoir a son homologue syrien, Walid al Mouallem : “Je vais vous dire franchement, nous avons fait part de notre analyse de la situation à nos collègues syriens. Nous pensons qu’ils auraient pu agir de manière plus active, plus décisive pour ce qui est de la mise en oeuvre des dispositions du plan de Kofi Annan.”

Mais pour les Etats-Unis, l’heure de vérité a sonné, il faut augmenter la pression sur le régime syrien,
“Sinon, déclarait mardi soir Susan Rice, il semble assez évident que cette crise qui s’aggrave, une crise violente va potentiellement passer, malheureusement, à une guerre civile à grande échelle avec toutes les conséquences que cela implique pour le peuple syrien.”

La Chine, l’autre puissant allié du régime syrien, a fait part de son inquiétude sur la poursuite des violences. Elle a appelé Damas à appliquer le plan Annan et l’opposition à un cessez-le-feu.