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Décryptage des Primaires : la course à la présidence américaine prend un nouveau souffle

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Décryptage des Primaires : la course à la présidence américaine prend un nouveau souffle

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Après l’annonce du retrait de l’ultraconservateur Rick Santorum, l’ancien gouverneur du Massachusetts Mitt Romney consolide son statut de favori pour affronter le président sortant Barack Obama le 5 novembre prochain. S’il reste plusieurs échéances avant la nomination républicaine prévue fin août à Tempa (Floride), le duel Romney-Obama est déjà lancé. A mi-parcours, quels sont les enjeux et les potentielles reconfigurations des élections américaines ?

Le GOP (Grand Old Party) change de cap

C’est la fin de la partie pour l’ancien sénateur de Pennsylvanie, Rick Santorum. Laissant le champ libre au candidat Mitt Romney, le fondamentaliste chrétien a annoncé, depuis son fief de Pennsylvanie, son retrait de la course à l’investiture républicaine. Sorti triple victorieux lors des primaires républicaines organisées dans les états du Maryland, de Washington DC et du Wisconsin, Mitt Romney, 65 ans, apparait être plus que jamais l’inévitable challenger de Barack Obama.

Selon une enquête nationale réalisée par le Think tank Americain Pew Research Center, 74% des électeurs républicains pensent que Romney sera certainement le candidat républicain de cet automne. Ce ralliement auprès du candidat républicain annonce t-il un changement de cap décisif dans la stratégie du camps conservateur? Selon l’historien Pierre Mélandri, spécialiste des États-Unis, _« il y a une forte volonté de cohésion au sein du parti républicain qui demeure affaibli par le modèle du « Winner takes all ».

Avec une campagne coûteuse et agressive, les candidats sont obligés de se battre état par état et cela a fortement désavantagé la candidature du mormon Mitt Romney, qui a eu du mal à unifier son parti derrière sa candidature »_. Il devra projeter avant tout une image attrayante afin de conserver la loyauté du parti, tout en conservant les électeurs hésitants. Néanmoins l’enjeu sera de taille car selon les derniers sondages, le président sortant Barack Obama profite d’une conjoncture économique favorable et bénéficie ce faisant d’une image plutôt positive. Selon le site de sondage américain Real clear Politics , 48% des Américains se disent satisfaits de sa politique d’emploi.

«Dans une Amérique en colère, les élections suscitent peu d’enthousiasme au sein de l’opinion»

Les attentes de l’électorat américain à l’égard de la classe politique sont en baisse. Si la campagne américaine est suivie attentivement par les Américains et les médias, elle semble présenter cependant moins d’intérêt que celle de 2008. Une étude du Pew Research Center montre qu’au plus fort de la campagne républicaine – la semaine du Super Tuesday – seuls 28% des répondants affirment « avoir suivi attentivement les élections, » soit neuf points de moins que la même période en 2008.

Comment comprendre ce désintéressement de la campagne outre-Atlantique ? Pour Pierre Mélandri, « les Américains demeurent sceptiques quant à la capacité du pouvoir politique à créer un véritable changement. Touchée de plein fouet par la crise économique, l’opinion observe que l’éthique du travail et la mobilité sociale ne fonctionnent plus comme avant. »