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Iran : recommencer à se parler

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Iran : recommencer à se parler

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Un accord pour commencer à se parler. C’est la grande avancée scellée samedi à Istanbul entre la représentante des puissances du G5+1, la chef de la diplomatie de l’UE Catherine Ashton, et le négociateur iranien, Saïd Jalili.

Commencer à parler sur le programme nucléaire iranien, un dossier hypersensible dont l’Iran se refusait à traiter depuis la dernière rencontre en janvier 2011 avec les six puissances, les 5 membres permanents du Conseil de Sécurité plus l’Allemagne. Cet échec à Istanbul a inauguré 15 mois de tension croissante.

Durant cette période, l’Iran a poursuivi son programme d’enrichissement d’uranium,
officiellement selon Téhéran à des fins civiles, notamment pour produire de l‘électricité
et pour la médecine nucléaire.

Mais la Communauté internationale, en particulier Israel, soupçonne l’enrichissement d’uranium mené à 20% sur le site de Fordow, d‘être destiné à la fabrication de l’arme atomique. D’autant que Fordow est un bunker creusé dans une montagne et donc protégé d‘éventuelles frappes.

Lors de son dernier rapport en novembre 2011, l’AIEA a confirmé ces soupçons à l‘égard des fins militaires du programme nucleaire iranien. Son directeur général, Yukiya Amano, ne cachait pas son inquiétude : “Je dispose de ces informations, je dois alerter le monde, c’est mon devoir de directeur général.”

Cela a poussé l’UE à renforcer par de nouvelles sanctions, l’embargo commercial, financier et pétrolier imposé en 2010 avec les Etats Unis a l’Iran. Catherine Ashton, chef de la diplomatie de l’Union Européenne : “Nous allons discuter de sanctions supplémentaires en s’attachant en particulier à la banque centrale d’Iran et aux exportations pétrolières. Mais je veux répèter que cela fait partie d’une approche double, la pression des sanctions est destinée à s’assurer que l’Iran prend au sérieux notre demande de se rencontrer autour de la table”

L’UE a en outre décidé d’imposer un embargo pétrolier graduel à l’Iran, qui entrera en vigueur en juillet prochain. Et les Etats Unis annoncent de nouvelles sanctions pour la fin juin visant les exportations iraniennes de brut. L’Iran tire 50% de ses revenus de la vente de son pétrole.

Nucléaire iranien: Istanbul a servi de base pour les futures négociations

Des négociations constructives et positives sur le nucléaire iranien ce week-end à Istanbul: c’est le sentiment partagé par Téhéran et les grandes puissances. Pour en parler, Houshang Hassan-Yari, professeur de relations internationales et de stratégies militaires au Collège militaire royal du Canada.

Farhad Salmania, euronews

M. Hassan-Yari, jusqu’ici les responsables iraniens insistaient sur le fait qu’ils n’arrêteraient pas l’enrichissement d’uranium dans le cadre de leur programme nucléaire.

Mais le chef de la diplomatie iranienne a également déclaré à l’issue des négociations que l’Iran ne laisserait pas les négociations aboutir à une impasse. Comment peut-on concilier ces deux positions ?

Houshang Hassan-Yari, Collège militaire royal du Canada

Nous allons voir ce que l’Iran veut dire en ne voulant pas laisser les pourparlers au point mort.

Si cela signifie la fin de l’enrichissement d’uranium, alors c’est une étape positive du point de vue du groupe 5 +1 et c’est en quelque sorte, le début d’un processus de confiance entre les deux parties.

euronews

L’Iran est entré dans un nouveau cycle de négociations. Cela peut-il être perçu comme une sorte d’engagement du pays pour enfin résoudre le problème de son programme nucléaire ?

Houshang Hassan-Yari

Pas nécessairement, puisque l’Iran a toujours participé à ces discussions mais il en est sorti à des moments importants. Par conséquent, nous devons voir si les négociations à venir à Bagdad vont être fructueuses ou non.

euronews

Donc peut-on dire qu’un processus de confiance est en train de débuter ?

Houshang Hassan-Yari

C’est sans doute le premier pas de ce long chemin. L’Iran avait annoncé avant la conférence d’Istanbul qu’il avait de nouvelles propositions pour sortir de l’impasse et, de toute évidence, les remarques de Mme Ashton sur les négociations, qu’elle a qualifié de constructives et d’utiles, sont en quelque sorte une approbation de l‘évaluation faite par le négociateur iranien Saïd Jalili.

euronews

Le Premier ministre israélien a exprimé son mécontentement concernant le moment choisi pour ce second round de négociations à Bagdad, prévu dans cinq semaines. Quelles pourraient être les raisons de cette impatience ?

Houshang Hassan-Yari

Eh bien, Israël a toujours défendu une suspension du programme nucléaire iranien et en particulier la fin du processus d’enrichissement de l’uranium qu’Israël considère comme une menace pour son existence.

Par conséquent, au cours des derniers mois, Netanyahu a usé de tactiques pour augmenter la pression sur l’Iran grâce à des sanctions et retourner la situation pour atteindre un consensus mondial, pour, si nécessaire, attaquer l’Iran.

euronews

Le chef de la diplomatie iranienne a indiqué que d’ici les prochaines négociations, la représentante de la diplomatie européenne Catherine Ashton et les responsables iraniens devaient préparer une feuille de route; comment interpréter ces propos ?

Houshang Hassan-Yari

Eh bien, étant donné que les négociations d’Istanbul étaient la base pour de futurs pourparlers, alors, les deux parties doivent se mettre d’accord sur un cadre et un agenda pour définir le chemin à suivre et voir comment ces négotiations peuvent avancer.