DERNIERE MINUTE

Vous lisez:

Jean-Marc Ayrault : « M. Sarkozy est un candidat perdu »


France

Jean-Marc Ayrault : « M. Sarkozy est un candidat perdu »

Jean-Marc Ayrault, conseiller spécial de François Hollande, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale et député-maire de Nantes, a répondu présent pour euronews à quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle.

Ce proche du candidat socialiste, que certains verraient très bien au poste de Premier ministre en cas de victoire des socialistes, nous livre sa vision de cette présidentielle 2012, « peut-être la plus importante de la Vème République » :

« Ce qui est en jeu, c’est la poursuite du déclin qu’incarne le président sortant ou le redressement que porte François Hollande. Et cela vaut bien que les électeurs se rendent massivement aux urnes. Le changement, auquel aspirent très majoritairement nos compatriotes, commence dès le 1er tour. Il faut que l’espoir qu’a fait lever François Hollande s’exprime dès dimanche soir. Pas seulement parce qu’il est le seul à pouvoir battre N. Sarkozy, mais parce qu’il a besoin d’un mandat puissant des Français pour réussir le redressement du pays. On a connu dans le passé trop de rendez-vous ratés avec l’histoire parce que la Gauche s’est dispersée. François Hollande est le seul à pouvoir rendre possible le souhaitable. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple en lui donnant dès le premier tour l’impulsion de la victoire.

Jamais depuis François Mitterrand en 1988, un candidat socialiste n’avait été aussi haut dans les intentions de vote. François Hollande incarne ce qu’il y a de meilleur dans la gauche : la volonté de transcender les Français dans un grand projet de redressement collectif où le courage s’appuie sur la justice.

Tout ce qu’il propose sera mis en œuvre dès le premier jour : les améliorations de la vie quotidienne avec l’augmentation de la prime de rentrée scolaire de 25%, la retraite à 60 ans pour les salariés qui ont leurs 41 années de cotisations, l’encadrement des loyers, le tarif progressif de l’eau et de l’énergie. Justice et volontarisme encore dans les réformes structurelles qui seront engagées dès la nouvelle Assemblée élue en juin : la diminution de la dette, la réforme fiscale, le pacte productif pour rétablir notre potentiel industriel, la réforme éducative, l’acte III de la décentralisation, la réorientation de l’Europe pour sortir du carcan de l’austérité. »

euronews : « Les sondages indiquent une forte abstention au premier tour, n’est-ce pas un désaveu de la classe politique dans son ensemble? »

J-M Ayrault : « La crise a avivé le sentiment de déclassement individuel et collectif que vivent beaucoup de Français. Ils doutent de l’avenir de la France et de la capacité des responsables politiques à la remettre sur les rails et l’échec retentissant de Sarkozy, élu en 2007 sur la réhabilitation du volontarisme, n’a rien arrangé. Toute la campagne de François Hollande a été de retisser le lien de confiance, de prouver aux Français que le redressement est possible dès lors qu’il s’appuie sur les valeurs cardinales de la République, l’égalité et la justice, qui ont été tellement bafouées pendant le quinquennat Sarkozy. Les classes populaires et les classes moyennes ont suffisamment donné. L’effort doit maintenant venir d’en haut, de l’Etat, des grandes entreprises, des couches supérieures qui ont bénéficié de tous les avantages avec M. Sarkozy. »

Euronews : « Quelle stratégie avez-vous mise en place pour freiner la montée de Nicolas Sarkozy dans les sondages? »

J-M Ayrault : « Il n’y a pas de besoin de construire je ne sais quelle stratégie. L’illusion qu’a pensé créer le président-candidat lors de son entrée en campagne est retombée comme un soufflé. Tout simplement parce que les Français ont en tête son bilan catastrophique, le pire de la Vème République, son comportement brutal et vindicatif, son abaissement de la fonction. La présidence Sarkozy a profondément divisé les Français. Le candidat à sa réélection en récolte les fruits vénéneux avec un rejet massif. Les Français sont saturés de lui. »

euronews : « Imaginons un «scénario catastrophe » pour le PS. Si le candidat de la gauche au second tour se trouvait être Jean-Luc Mélenchon, quelle sera votre position? »

« Je ne suis pas un adepte de politique fiction. C’est François Hollande qui porte l’aspiration du changement. C’est autour de lui que doit se faire le rassemblement de la gauche et de tous les Républicains qui veulent voir la France changer pour retrouver la maîtrise de son destin. »

euronews : Et si François Hollande pouvait changer quelque chose à cette campagne, ce serait…?

J-M Ayrault : « Rien. De bout en bout, il a maintenu sa cohérence. Jamais il n’en a dévié contrairement à M. Sarkozy qui n’a cessé de dire tout et son contraire. Un jour, il qualifie notre proposition d’encadrement des loyers de « soviétique ». Le lendemain, il s’y dit favorable. Même chose sur l’Europe. Au début de la campagne, il dénonce l’exigence de F. Hollande de renégocier le traité de stabilité dans le sens de la croissance comme « une folie » et à une semaine du premier tour, le voilà soudain qui se rallie à l’idée que nous avons toujours défendue d’un soutien de la BCE à la croissance. M. Sarkozy est un candidat perdu… »

Prochain article

monde

Time publie sa traditionnelle liste des 100 personnes les plus influentes