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Twitter va-t-il tuer le suspense de l’élection présidentielle ?


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Twitter va-t-il tuer le suspense de l’élection présidentielle ?

Les réseaux sociaux jouent un rôle central dans la campagne présidentielle française. Ils sont d’abord un moyen pour les candidats d’atteindre directement les électeurs sans se soucier des réglementations sur le temps de parole dans les médias audiovisuels. Sur Twitter par exemple, le compte officiel de campagne de François Hollande rassemble prés de 233 000 abonnés (à l’heure où nous écrivons l’article), loin devant celui du président sortant (166 000).

Nicolas Sarkozy avait d’ailleurs reconnu ce phénomène lors de ces vœux à la presse, déclarant que “chacun devient un media à part entière”. Facebook et co. sont devenus le lieu de discussion et d’organisation pour les militants. Les lieux des meetings géants comme Vincennes et Concorde sont rapidement entrés dans le top des hashtags, ou mot-clés, les plus utilisés. Enfin, les messages en 140 caractères maximum ont fait de Twitter la chambre d’écho privilégiée pour les “petites phrases” et autres piques des candidats et leurs équipes.


Les internautes les plus comiques s’en sont aussi donnés à cœur joie : détournement de vidéos, d’affiches de campagne et sites destinés à ridiculiser l’adversaire se sont multipliés et ont été abondamment partagés en ligne.

Problème, l’immédiateté d’Internet et des réseaux sociaux va se heurter à un mur dimanche. La loi française interdit en effet de publier sondages et résultats partiels avant 20h le soir du premier tour sous peine d’une amende de 75000 euros. Des sites francophones, belges ou suisses, ont déjà annoncé, comme pour les élections de 2002 et de 2007, qu’ils diffuseront avant 20h les résultats dont ils disposent car ils ne sont “pas concernés par la loi française”.

Pour passer outre, les internautes français innovent et certains imaginent déjà des codes. Sur Twitter, @R_Plaz suggère de donner “les températures des Pays-Bas, la Hongrie, de la Norvège, sur le Béarn” etc. en guise des scores respectifs d’Hollande, Sarkozy, Joly et Bayrou. D’autres, sans doute amateur de sport, privilégient la solution “championnat de foot” pour divulguer, l’air de rien, les résultats avant l’heure fatidique.

La prudence est néanmoins de mise : le procureur de la République de Paris a d’ores et déjà prévenu que la police serait saisie systématiquement en cas de publication prématurée de sondages. La commission de sondages, elle, s’est dotée d’un dispositif de veille Internet pour constater les infractions.

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