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WWW2012 : Tim Berners-Lee prône une société numérique ouverte

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WWW2012 : Tim Berners-Lee prône une société numérique ouverte

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Pendant une semaine Lyon en France est devenue la capitale mondiale du Web.
L’occasion de rassembler les grands acteurs de l’internet mondial avec en tête d’affiche Sir Tim Berners-Lee.
Un nom qui ne dit peut-être pas grand chose au commun des mortels, mais qui en revanche fait frémir geeks et informaticiens.

Sir Tim Berners-Lee est tout simplement le principal inventeur du World Wide Web tel que nous le connaissons aujourd’hui. En 1989, ce citoyen britannique propose d’appliquer le principe de l’hypertexte sur le réseau informatique du C.E.R.N où il travaille. Basiquement il s’agit de cliquer sur un lien pour aller vers un autre lien.

Tout ingénieur qu’il soit, tout est parti selon Tim Berners Lee, d’une certaine part de philosophie : “en Physique, on conceptualise les choses en faisant des expériences. Ce qu’on fait sur Internet est parfois appelé ingénierie philosophique parce qu’on invente des univers qui sont totalement différents.
“Imaginez un monde où vous envoyez des mails, où vous inscrivez votre propre nom dans le champ “expéditeur” et imaginez que vous mettez l’adresse de quelqu’un d’autre dans le champ destinataire, que le système envoie le contenu à la personne mentionnée et que le monde serait comme cela.” Eh bien, c’est ce que nous avons fait.”

Dans les couloirs de la WWW2012 –dites dub dub dub two thousand and twelve pour le côté hype de la chose– les grandes compagnies du web et de l’informatique, comme Google, Yahoo, Microsoft et autres ont répondu présent.

Développeurs, programmateurs, informaticiens, décideurs et chercheurs de tout poil enchaînent pour leur part ateliers et discussions sur les réseaux sociaux, sur les divers moyens d’utilisation de l’Internet aujourd’hui le tout sous l’oeil du World Wide Web Consortium (fondé par Tim Berners-Lee).

Et si Tim Berners-Lee est le père du Web, les participants de la WWW2012 sont sans conteste ses petits-enfants, comme le reconnait volontiers Prabhakar Raghavan de Google : “Nous sommes tous les petits-enfants de Sir Tim Berners-Lee, il a inspiré cette vision et je pense qu’il y a 15 ou 20 ans, il a pris, en créant le Web, certaines décisions très simples qui ont contribué de façon spectaculaire à sa croissance : de l’infime chose que c‘était dans les années 1990-92 au succès à mille milliards de dollars qu’elle est aujourd’hui.
Le monde devient plus compliqué et fonctionne de plus en plus en réseau car nous dépendons tous les uns des autres. En tout cas, les entreprises qui y participent. On parle de frontières croisées, de sociétés croisées et de langages croisés.
L’important est de bâtir internet sur des principes solides et sûrs contre ces différentes frontières que nous sommes amenés à traverser.”

Tim Berners-Lee défend avec vigueur l’openness, c’est à dire un Web plus ouvert, avec la libéralisation des données et des systèmes moins fermés.
Dans sa ligne de mire sans nul doute Apple et son iPad, Facebook et les données privées, Apple et son iPad ou encore Google et son système Android.

“Les pères fondateurs du World Wide Web ont créé une industrie qui repose sur le partage des données, sur le fait que quelqu’un peut publier quelque chose et que personne n’est là pour l’en empêcher.
Et lorsque des utilisateurs exposent leur activité sur le web, ils génèrent des données bien sûr et il faut que ces données soient accessibles à tous pour que d’autres puissent générer de la valeur grâce à elles et créer de nouveaux services et de nouvelles offres”, poursuit Prabhakar Raghavan.

Enfin quant à savoir si le net est un droit humain, le père du Web n’hésite pas à mettre en garde : cette notion –dit-il– risque dans une perspective numérique d‘être dépouillée de son contenu philosophique au nom de la sécurité et du profit.

L’année prochaine, pour la dub dub dub two thousand and thirteen (WWW2013) direction le Brésil et plus précisément Rio de Janeiro…

Reste à savoir quelle direction va prendre le Web de demain…