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Portugal : la vie dure, à l'heure de l'austérité

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Portugal : la vie dure, à l'heure de l'austérité

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Le 14 avril dernier le parlement portugais a ratifié le pacte budgétaire européen. Après la Grèce, c’est le deuxième pays de l’UE à entériner la règle d’or qui instaure des sanctions automatiques en cas de dérapage du déficit structurel limité à 0,5% du PIB, du déficit public au delà de 3% et de la dette publique plafonnée à 60% du PIB.

La ratification par la majorité des députés portugais était de mise, car le pays est sous surveillance de la troika. Et cela depuis qu’il a reçu,
en mai 2011, un prêt international de 78 milliards d’euros, étalé sur trois ans.

En échange Lisbonne a ramené le déficit de 9,8% à 4,2% en 1 an… Mais l‘énorme dette publique continue de monter, elle va atteindre 115% du PIB fin 2012.

Et puis, les mesures d’austérité draconiennes ont plongé l‘économie dans la récession et poussé le chômage à 15% en février.

Une situation dramatique pour des gens comme Henrique Leal, cet artisan du bâtiment de 46 ans.

Fernanda Zera, secrétaire diplômée avec des études en administration vit avec 400 € par mois d’indemnité chômage depuis 2 ans. Elle travaille pour l’association Auxilio et Amizade en échange de nourriture. “La classe moyenne est en train de disparaître dit-elle. Je faisais partie de la classe moyenne, maintenant je ne sais pas à quelle classe j’appartiens. Je fais ce que je peux pour survivre…”

Survivre à Lisbonne ou dans d’autres villes du Portugal est devenu de plus en plus difficile. Du coup un retour à la campagne des citadins, petits enfants de l’exode rural des années 60, est de plus en plus envisagé. C’est ce qu’a fait José Diogo. Il explique: “A Lisbonne, c‘était difficile de trouver du travail. J’ai eu l’occasion de venir ici, la qualité de vie est meilleure, les conditions de vie. Les façons de voir la vie ici n’ont pas changé, alors je suis rentré au pays, et j’ai monté mon exploitation agricole.”

Actuellement la moitié de la population portugaise vit dans seulement 5% du territoire national.