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Grèce : l'immigration, argument de campagne de l'extrême-droite

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Grèce : l'immigration, argument de campagne de l'extrême-droite

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A quelques jours d‘élections législatives cruciales qui pourraient signer une percée historique de l’extrême droite, la Grèce vient tout juste de se doter de son premier centre de détention destiné spécifiquement à l’accueil des immigrés illégaux.

Des dizaines de clandestins ont ainsi été conduits ce dimanche au centre d’Amygdaleza, à l’ouest de la capitale. Il peut en accueillir au total jusqu‘à un millier.

D’ici le milieu de l’année 2013, une cinquantaine de ces établissements devrait voir le jour. Du pain béni pour l’extrême droite qui a fait du contrôle de l’immigration illégale son principal thème de campagne.

Giorgos Vardzis, candidat de l’extrême droite aux législatives : “Les usines grecques doivent revivre. Les cheminées se remettre à dégager de la fumée et bien sûr, il faut que tous les immigrés clandestins s’en aillent. Si tous les immigrés illégaux – qui sont plus de trois millions – quittaient le pays, ça ferait trois millions de postes pour les Grecs.”

Les statistiques officielles font plutôt état d’environ 1 million de clandestins. Pas de quoi refroidir les ardeurs des ces Athéniens.

“On est désespérés, on ne fait pas confiance au PASOK ou à la Nouvelle Démocratie. Ces grands partis nous ont abandonnés, alors on s’est tournés vers l’Aube dorée et d’autres petits partis.”

L’extrême droite qui organise aussi régulièrement des distributions de nourriture aux Grecs les plus démunis.

“Ce type de rhétorique qui stigmatise d’une manière généralisée les personnes vulnérables n’a que des avantages à court terme pour ceux qui répandent ce genre de craintes. Mais cela peut devenir très dangereux à long terme pour la société dans son ensemble.”

Revendiquant plus de 12.000 sympathisants, le parti néo-nazi suscite l’inquiétude des partis traditionnels et des ONG.

Anti-européen et xénophobe, la formation organise aussi des patrouilles à Athènes, au cours desquelles les immigrés, accusés de voler le travail des Grecs, sont souvent passés à tabac.

Sa solution pour mettre un terme à l’arrivée de clandestins : réinstaller les champs de mines anti-personnel à la frontière avec la Turquie.