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Grèce : un paysage politique atomisé

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Grèce : un paysage politique atomisé

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Le scrutin de dimanche ouvre une période d’incertitude inédite pour le pays. Un pays mis à genou par une crise économique qui a bouleversé ses équilibres politiques. Un pays désenchanté et en colère, et dont le vote va déterminer l’avenir économique et la position en europe.

Sous le coup d’une cure d’austérité sans précédent imposée par l’europe, les Grecs ont vu leur niveau de vie chuter. Les files d’attente devant les soupes populaires sont de plus en plus habituelles. un grec sur trois vit sous le seuil de pauvreté, les entreprises ferment une à une, et le chômage a explosé, surtout chez les jeunes.

Depuis qu’elle a éclaté à l’automne 2009, la crise a ruiné la crédibilité des deux grands partis traditionnels, le Pasok et Nouvelle Démocratie. Leurs dirigeants, le socialiste Evangelos Venizelos et le conservateur Antonis Samaras ne seraient pas en mesure d’obtenir une majorité suffisante pour gouverner seul. Par rapport aux dernières législatives de 2009, leur partis ont perdu 35 pourcent de leur électorat, du jamais vu depuis 1974 et le début de la démocratie.

Depuis plus de trois décennies, le Pasok et Nouvelle Démocratie ont alterné aux affaires. Mais la crise a révélé aux Grecs stupéfaits, l’ampleur des dysfonctionnements de l’Etat, ou le clientélisme, et la corruption ont été alimentés à tour de rôle par les deux formations … Les grecs aujourd’hui leur en veulent de leur imposer les fruits de leurs erreurs. Des grecs sans illusions, et qui se sont tournés vers les petits partis.

Ce sera l’enjeu de ce scrutin : qui comblera le vide politique? 32 partis sont en lice, neuf de plus qu’en 2009, beaucoup ont en commun leur rejet du plan de sauvetage. Une atomisation du paysage politique qui fait le lit de l’extrême-droite. Surfant sur les questions de l’immigration clandestine, de l’insécurité et la peur de l’avenir, des partis comme le LAOS, et surtout Chrissi Avgri , “Aube dorée”, montent dans les intentions de vote. Ce dernier, une formation néo-nazie fondée en 1980 pourrait même franchir les 3 % des voix lui ouvrant la porte au parlement.

Dans ce contexte l‘éventualité qu’aucun vainqueur ne se dégage dimanche, et que la crise politique se prolonge inquiète bon nombre d’analystes, alors que l’Europe et le FMI attendent dès juin un nouveau plan d‘économie de 11 milliards et demi d’euros…