DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Hannelore Kraft, l'étoile montante du SPD

Vous lisez:

Hannelore Kraft, l'étoile montante du SPD

Taille du texte Aa Aa

La social-démocrate Hannelore Kraft a remporté une belle victoire en étant reconduite dimanche dernier lors des élections en Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

Cette fois, les électeurs ont cautionné la politique du même SPD dont la défaite il y a 7 ans avait poussé Gerhard Schröder à convoquer des élections anticipées. C’est dire l’influence de ce Land, le plus peuplé d’Allemagne…

“En 20 mois, nous avons été en mesure de faire avancer cette région, économiquement et vers plus de justice sociale” dit Hannelore Kraft. “Je crois que nous avons trouvé un équilibre, en créant 29 000 nouveaux emplois dans l’industrie, tout en réduisant la dette. Nous allons nous efforces de la réduire davantage, mais souhaitons aussi dépenser plus pour les enfants et l‘éducation, deux investissements d’avenir qui en valent la peine.”

Mais quel impact ce résultat en Rhénanie-du-Nord-Westphalie aura-t-il dans 16 mois à Berlin, au moment des élections générales ?

Une chose est sûre, il renforce la position du SPD au parlement allemand. Au point que la formation de centre-gauche pourrait monnayer son soutien au pacte de consolidation fiscale que Merkel entend imposer aux pays européens. Pour le moment, sa position ne varie pas d’un iota :

“L’essentiel est que chacun accepte l’idée que la sortie de crise sera un processus long et qu’elle nécessite de s’attaquer aux problèmes essentiels de certains pays européens, à savoir un endettement catastrophique et “un manque de compétitivité.”

Mais en dehors de l’Allemagne, le dogme est déjà ouvertement contesté dans des pays comme l’Italie. Mario Monti, Président du Conseil, se pose en chantre de la croissance :

“Nous ne devons pas négliger le fait que les réformes structurelles en elles-mêmes ne fabriqueront jamais de croissance. Parce que si un pays devient plus productif et compétitif mais qu’il n’y a pas de demande pour ses produits, dans le pays ou à l‘étranger, la croissance ne se matérialisera pas.”

Mais c’est surtout la victoire en France du socialiste François Hollande qui a fait ressurgir l’urgence de la croissance pour faire face aux déficits :

“J’ai dit suffisamment ce que j’aurai à faire pour la responsabilité budgétaire, pour que nul ne puisse voir dans mes engagements une remise en cause de la maitrise de la dette. Mais j’ai annoncé aussi que la croissance en serait la condition.”

Pour le moment, François Hollande lui aussi garde le même cap. Sa mission, renégocier le traité de discipline budgétaire européen signé par son prédécesseur et les autres chefs d‘état et de gouvernement européens. Une idée qui commence à faire son chemin.