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"La sécurité n'a pas de prix" selon le secrétaire général de l'OTAN


Afghanistan

"La sécurité n'a pas de prix" selon le secrétaire général de l'OTAN

L’OTAN est face aux plus importants défis qu’elle a dû affronter depuis sa création en 1949. A deux ans du retrait annoncé des troupes américaines d’Afghanistan, se posent aussi les questions de la légitimité de l’organisation dans l’avenir, des réductions budgétaires en matière de défense ou encore de l’attention croissante de Washington pour l’Asie.

A la veille de l’ouverture du sommet de l’OTAN à Chicago, l‘éclairage du secrétaire général de l’OTAN Anders Fogh Rasmussen, il est interrogé par Paul Hackett.

Euronews : “A quel point êtes-vous confiant dans la capacité des forces afghanes à maintenir la sécurité après 2014?”

Anders Fogh Ramussen : “Je suis très confiant. J’ai pu observer les forces spéciales afghanes en action quand j’ai visité Kaboul il y a quelques semaines.
J’ai été très impressionné et je suis sûr que les forces de sécurité afghanes seront en mesure d’assurer la sécurité en 2014, une fois que nous leur auront pleinement transféré les responsabilités.”

Euronews : “Et pourtant, pour la plupart des spécialistes, les forces afghanes ne sont pas prêtes. L’armée américaine par exemple estime qu’actuellement, seuls 18 bataillons sur les 300 que compte l’armée afghane sont prêts pour les opérations de combat.”

Anders Fogh Ramussen : “C’est pour cette raison qu’il faut continuer de soutenir les forces de sécurité afghanes. Après 2014, nous allons former, assister, conseiller, mais le fait est qu’aujourd’hui, ce sont les forces afghanes qui contrôlent 40% de toutes les opérations de sécurité. Et récemment, on les a vu gérer certains défis de manière très professionnelle. Donc je suis confiant dans leur capacité à assurer leurs responsabilités.”

Euronews : “Qui va payer, qui va financer ce soutien à l’armée afghane après 2014?”

Anders Fogh Ramussen :“Je pense que la facture sera encore plus lourde si nous n’aidons pas les forces de sécurité afghanes à se renforcer. La sécurité n’a pas de prix. Selon notre planning prévisionnel le coût de ce soutien est de 4 milliards de dollars par an. Et j’aimerais que les membres de l’alliance et de la force internationale en Afghanistan (ISAF) participent à cette aide. Ce sommet ne se réduit certes pas à une conférence avec des promesses à la clé, mais néanmoins on a déjà vu un certain nombre de déclarations se concrétiser. Donc je suis assez optimiste sur la possibilité de récolter des fonds pour les forces de sécurité afghanes.”

Euronews : “Etes-vous optimiste sur l’engagement des partenaires de l’OTAN jusqu‘à 2014?”

Anders Fogh Ramussen : “Je suis confiant.”

Euronews : “Même en France? François Hollande veut retirer les troupes françaises.”

Anders Fogh Ramussen : “Oui mais il s’agit d’une promesse de campagne, qu’il est obligé de tenir aujourd’hui. Mais il a aussi déclaré qu’il était prêt à contribuer aux efforts de l’OTAN en Afghanistan d’une autre manière.”

Euronews : “Qu’est-ce que vous voulez dire?”

Anders Fogh Ramussen : “Nous allons discuter avec le Président Hollande. Permettez moi de souligner qu’il est tout à fait cohérent stratégiquement de transférer graduellement les responsabilités aux afghans, tout en organisant le retour de nos troupes. On peut retirer une partie des troupes, on peut faire évoluer notre mission, du combat vers le soutien, il n’y a pas de contradiction ici, tout cela fait partie intégrante de la stratégie.”

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