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Un Néerlandais révolutionne le traitement des eaux usées


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Un Néerlandais révolutionne le traitement des eaux usées

L’alimentation en eau potable est devenue une question cruciale à mesure que la population mondiale augmente. L’absence et l’insuffisance de traitement des eaux usées contaminent les sources d’eau douce et les océans en raison principalement, d’une quantité importante de nitrates et de phosphates provenant des déchets et de l’activité agricole.

Un nouveau procédé développé par des scientifiques néerlandais pourrait changer la donne.
A Epe aux Pays-Bas, un centre de traitement des eaux usées représente une réelle révolution technologique. Il traite l’eau pour un coût très faible.

Au premier coup d’oeil, on remarque que ce centre qui traite les eaux usées générées par 60.000 habitants est de petite dimension : les installations d’une telle capacité sont d’habitude, trois ou quatre fois plus grandes.

Dans les bassins, on ajoute de l’oxygène pour alimenter des bactéries dont la tâche consiste à éliminer l’azote et le phosphate présents dans les eaux usées. Mais dans ce centre, les bactéries assurent leur mission beaucoup plus rapidement qu’ailleurs.

Habituellement dans les centres de traitement, les bactéries se multiplient en se dispersant et purifient l’eau très lentement.
Avec ce nouveau procédé, les scientifiques font en sorte que les bactéries s’organisent en boulettes ou en granules. Ce qui permet de traiter l’eau cinquante fois plus vite que lorsqu’elles sont dispersées.

Les bactéries se trouvant à différents endroits de la granule, elles agissent en même temps, mais différemment les unes des autres. La raison : les conditions dans lesquelles elles évoluent.
Celles qui se trouvent sur la surface extérieure de la granule, bénéficient d’un environnement riche en oxygène alors que celles, au centre de la granule, en sont privées.

Résultat : si habituellement, les différentes opérations de purification se font dans plusieurs bassins, ici, elles se déroulent dans un seul.
De quoi économiser du temps et des matériaux de construction pour, à la clé, un traitement de l’eau plus rapide.

L’inventeur de ce procédé, c’est Mark van Loosdrecht, de l’Université de Delft. Ses travaux répondent à une attente d’après lui. “Aujourd’hui, de nombreuses régions du monde ont besoin de meilleurs systèmes de traitement des eaux usées pour prévenir toutes sortes de maladies et pour respecter l’environnement,” souligne Mark van Loosdrecht. “A mes yeux, cette technologie est promise à un bel avenir parce qu’elle nécessite des équipements de taille plus réduite que d’habitude,” affirme-t-il, “la qualité de l’eau traitée est bien meilleure que dans les autres systèmes et le grand intérêt, c’est qu’il faut moins d‘énergie et d’argent pour traiter les eaux usées.”

A 52 ans, Mark van Loosdrecht travaille depuis longtemps dans ce domaine du traitement de l’eau. En tant que concepteur de cette nouvelle technologie, le chercheur fait partie des nominés pour le Prix de l’inventeur européen que l’Office européen des brevets remettra le 14 juin prochain à Copenhague.

euronews : “Que ressentez-vous après cette découverte ?”
Mark van Loosdrecht : “C’est génial d‘étudier un phénomène en laboratoire, de réussir à le comprendre et maintenant, de pouvoir l’appliquer dans la vie réelle.”

euronews : “Que veut dire pour vous, le mot “inventeur” ?”
Mark van Loosdrecht : “Je me considère plutôt comme un chercheur qui mène des études et pas vraiment comme un inventeur. Mais c’est vrai que quand on comprend mieux certaines choses, on peut concevoir de nouvelles applications et dans ce cas, on peut dire qu’on est un inventeur.”

Ce procédé peu coûteux et entièrement naturel est prometteur. Il permet de rendre à la nature, une eau limpide et de prendre soin de la santé des hommes.

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