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Eugenia Timochenko : " les élections d'octobre seront les plus troubles de l'histoire ukrainienne "


Le bureau de Bruxelles

Eugenia Timochenko : " les élections d'octobre seront les plus troubles de l'histoire ukrainienne "

Eugenia Timoshenko est la fille de l’opposante et ancienne première ministre ukrainienne condamnée à sept ans de prison. Elle était cette semaine à Strasbourg, où le Parlement européen a voté une quatrième résolution sur l’Ukraine, dénonçant une justice sélective. Nous l’avons rencontrée à cette occasion et l’avons tout d’abord interrogée sur l‘état de santé de sa mère qui souffre de plusieurs hernies discales et de problèmes neurologiques alors qu’elle s’apprête à entamer son dixième mois de détention.

Audrey Tilve, euronews : “ Eugenia Timochenko, merci d‘être avec nous. Vous avez beaucoup voyagé pour maintenir la pression diplomatique et médiatique sur le pouvoir ukrainien et vous avez dit que l‘état de santé de votre mère s‘était dégradé. Qu’en est-il aujourd’hui ? “

Eugenia Timochenko : “ Malheureusement, dans l’hôpital où elle se trouve aujourd’hui, il y a beaucoup de pression psychologique, de pression du système pénitenciaire, des procureurs, et elle s’exerce sur les médecins. Ils ne peuvent pas remplir leur rôle correctement, et ils ont dit la semaine dernière que le traitement ne donnerait pas de résultats dans ces circonstances. Maintenant, nous nous battons pour son droit à être envoyée dans l’hôpital de son choix, avec les médecins de son choix. “

euronews : “ Elle a été condamnée à sept ans de prison, et pourrait écoper de 12 ans encore dans un deuxième procès pour détournement de fonds publics et évasion fiscale. Il est aussi question de la poursuivre dans une affaire de meurtre. Les accusations s’accumulent. Par quels moyens légaux pourrait-elle stopper ou inverser cela ? “

Eugenia Timochenko : “ Jusqu’ici, la défense n’a pas pu faire son travail de défense parce qu’on ne la laissait pas faire. Ces accusations de détournement de fonds et d‘évasion fiscale n’ont pas de base légale. A l‘époque, elle ne travaillait pas dans la société de gaz où elle est supposée avoir commis ces délits. Elle était déjà en politique. Elle ne travaillait pas là. Donc ces accusations n’ont aucun fondement. Et les accusations de meurtres sont totalement absurdes. C’est juste une façon de la présenter comme une criminelle, dans l’espoir que le monde soit choqué par ces accusations mais il n’y a pas de preuves derrière tout ça. “

euronews : “ Pensez-vous que les élections législatives d’octobre peuvent changer les choses dans votre pays ? “

Eugenia Timochenko : “ Nous pensons, et ma mère le pense aussi, que ces élections seront les plus troubles de l’histoire ukrainienne. Nous en avons déjà la preuve lorsque des candidats de l’opposition sont poursuivis et arrêtés dans les régions. Il y a une immense pression sur les autorités locales pour qu’il y ait un parti-pris pro-présidentiel. La loi électorale, qui a été modifiée de nombreuses fois rend impossible des élections justes. “

euronews : “ De quoi avez-vous besoin, d’observateurs ? “

Eugenia Timochenko : “ Nous avons besoin d’un état de droit, de justice et d’une adhésion réelle à la démocratie de la part des hauts responsables qui fait défaut. Mais actuellement, ce que nous demandons, ce que peut faire la communauté européenne et démocratique, c’est envoyer des observateurs pas au moment des élections, mais avant que la campagne ne commence. “

euronews : “ Envisageriez-vous d‘être candidate ? “

Eugenia Timochenko : “ Non, je ne veux pas entrer dans le processus politique, je ne suis pas une politicienne. “

euronews : “ Mais votre mère est un symbole et vous l‘êtes aussi. “

Eugenia Timochenko : “ Ma mère est un symbole et je suis juste sa messagère. J’ai une mission différente. J’ai la mission de la défendre autant que je peux, de dire la vérité sur la situation en Ukraine aux gens qui écoutent, et je suis très reconnaissante de cette opportunité aujourd’hui. “

euronews : “ Est-ce que le boycott du championnat de l’euro 2012 serait juste pour les Ukrainiens. Ne serait-ce pas les punir eux aussi ? “

Eugenia Timochenko : “ Vous savez, nous les Ukrainiens, et en particulier ma mère qui a été à l’origine des changements démocratiques en Ukraine et qui s’est toujours battue pour ce genre de festivités sportives ne sommes pas pour un boycott sportif ou l’isolement de l’Ukraine. C’est le résultat des actes du régime en ce moment. Et ce que nous devons distinguer, c’est le boycott politique et le boycott sportif. Le boycott politique, c’est lorsque les hauts responsables européens choisissent de protester en ne serrant pas la main du président Ianoukovitch, en ne posant pas pour des photos avec lui et en ne montrant pas au monde qu’ils acceptent sa façon d’agir, la répression envers ses opposants. “

euronews : “ Mais vous ne voulez pas l’annulation du championnat. “

Eugenia Timochenko : “ Non, je pense que l‘événement sportif doit avoir lieu et que les gens doivent en profiter, et je pense aussi qu’il est encore temps pour Ianoukovitch de changer, de faire évoluer la situation en utilisant ses pouvoirs constitutionnels pour résoudre cette crise. Qu’il le fasse ou pas, cela dépend de lui. “

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