DERNIERE MINUTE

Vous lisez:

‘Vatileaks’ des temps modernes Juda secoue l’Eglise Catholique


Vatican

‘Vatileaks’ des temps modernes Juda secoue l’Eglise Catholique

Le majordome personnel du Pape Benoit XVI, Paolo Gabriele, vit un calvaire depuis mercredi dernier.

L’homme de 46 ans, décrit comme timide et discret, aidait principalement le pontife à s’habiller, lui servait ses repas et tenait son parapluie. Sa vie a été bouleversée lorsqu’il a été accusé de divulguer des documents confidentiels aux medias. Le scandale a été baptisé “Vatileaks”.

Les dits documents incluaient les lettres d’un archevêque qui fut transféré à Washington après avoir fait courir le bruit que l’Eglise était un réseau de corruption et de favoritisme. Une note décrivait un certain nombre de cardinaux de manière péjorative, et certains documents alléguant des conflits au sein de la banque du Vatican.

Le cardinal Carlo Martini, une fois candidat à la papauté et ancien archevêque de Milan, écrit dans un journal italien que le pape a été « trahi » tout comme Jésus l’a été il y a 2 000 ans. Il déclare que les responsables de l’Eglise devraient « urgemment regagner la confiance des fidèles », ajoutant que l’Eglise Catholique devrait sortir de ce dernier scandale plus propre et plus forte.

Paolo Gabriele a été arrêté samedi dernier et a été officiellement accusé dimanche d’avoir volé des documents confidentiels appartenant au Pape. Les assistants du Pape Benoit XVI ont déclaré qu’il était « triste et affligé » par l’arrestation de son majordome. Toutefois, le pape n’a fait aucune allusion à ces incidents lors de ses deux apparitions dimanche dernier.

Le rôle de la banque

Selon Reuters, Carl Anderson, à la tête du groupe caritatif Knights of Columbus et membre du conseil d’administration de la banque du Vatican, s’est dit « très triste pour le pape». «Toute cette histoire porte atteinte à l’Eglise », a-t-il déclaré. Les représailles ne se sont pas faites attendre. Le président de la banque a été soudainement licencié au nom de ce que le conseil d’administration désigne comme « un échec fondamental dans la gestion de ses principales responsabilités ».

Carl Anderson fut l’un de ceux qui ont affirmé leur manque de confiance envers Ettore Gotti Tedeschi, le président italien de la banque du Vatican. Tedeschi a été critiqué pour son manque de transparence au sein de la banque et déclare que c’est la raison pour laquelle il a été congédié.

M. Anderson a rejeté ses accusations, affirmant que « de façon catégorique, la décision du conseil d’administration n’était pas liée à sa capacité de transparence. En réalité, il devenait un obstacle pour une meilleure transparence par son incapacité à appliquer un management de qualité. »

Selon une note de la réunion, durant laquelle Gotti Tedeschi a été viré et obtenu par Reuters, Andersson avait montré « de façon progressive un comportement imprévisible» et n’avait pas réussi à défendre la banque « face aux rapports inexacts des medias».

Là où tout a commencé

Le journaliste italien Gianluigi Nuzzi, déclare n’avoir payé pour aucunes de ces informations, et les avoir obtenu par des personnes loyales à l’église qui voulaient révéler au grand jour la corruption. Il a été le premier à dévoiler les documents en janvier dernier, à les exposer à la télévision et à publier un livre intitulé « Sa sainteté» un peu plus tôt la semaine dernière.

Cette période est l’une des plus turbulentes dans l’histoire récente de l’Eglise catholique. Son principe de confidentialité a été une fois de plus la cible d’attaque. Gabriele pourrait purger une peine de 30 ans s’il est déclaré coupable.

Manon Prat

Chaque histoire peut être racontée de plusieurs manières differentes : retrouvrez les perspectives des autres journalistes d'euronews dans nos autres équipes linguistiques.

Prochain article

monde

Colombie: les Farc promettent de libérer mercredi le journaliste français