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David Cameron : "la monarchie a servi notre pays dans le respect"

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David Cameron : "la monarchie a servi notre pays dans le respect"

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Comme la reine Victoria un siècle plus tôt, Élisabeth II célèbre son jubilé de diamant. 60 années de règne durant lesquelles elle aura vu défiler six papes et douze Premier ministres britanniques de Winston Churchill à David Cameron. En 60 ans, la reine a effectué 261 visites officielles à l‘étranger dans 116 pays. Autant de chiffres qui donnent le tournis et qui montrent surtout l’importance du règne d’Élisabeth II.

Tout commence le 6 février 1952 à la mort de son père George VI. La princesse Élisabeth n’a que 26 ans quand elle se retrouve à la tête du Royaume-Uni et du Commonwealth dans un contexte de reconstruction de l’Europe après des années de guerre. Son intronisation a lieu le 2 juin 1953 à l’Abbaye de Westminster. A ses côtés, le prince Philip avec lequel elle est mariée depuis maintenant 64 ans.

A 86 ans, la reine semble toujours aussi populaire auprès des Britanniques, nombreux à s‘être déplacés dimanche sur les bords de la Tamise pour admirer la grandiose parade d’embarcations.
Quatre jours de festivités à Londres et à travers
toute la Grande-Bretagne pour célébrer la reine et l’histoire britannique et pour faire oublier aussi les questions sur l’avenir de la monarchie qui, pour beaucoup, ne survivra pas à la fin du règne d’Élisabeth II.

Le correspondant d’Euronews à Londres, Ali Sheikholeslami, a rencontré le douzième Premier ministre de la reine Elisabeth. David Cameron évoque les 60 années de règne du monarque et son rôle aujourd’hui.

Ali Sheikholeslami, euronews: Monsieur le Premier ministre, vous aviez neuf ans quand vous avez rencontré la reine pour la première fois. Qu’aviez vous ressenti à l‘époque et qu’est-ce que cela fait aujourd’hui d‘être son douzième Premier ministre?

David Cameron :* Quand je l’ai rencontrée à l‘âge de neuf ans, je n’aurais jamais imaginé être un jour son Premier ministre. A l‘époque, j‘étais un écolier, je me souviens avoir été très excité et plutôt surpris de pouvoir la rencontrer. Mais le moment inoubliable, c’est quand vous quittez votre voiture pour marcher dans Buckingham Palace, que vous montez les escaliers et que la reine vous demande de former un gouvernement.
En ce qui me concerne, je lui ai dit que ce serait un gouvernement de coalition, que je ferais de mon mieux pour former mon équipe et que je reviendrais la voir dès que j’y serais parvenu. Et heureusement, j’y suis arrivé.

euronews : Quel est le sens, selon vous, du jubilé de diamant pour la Grande-Bretagne. A quel point le pays a-t-il évolué tout au long du règne d’Elisabeth II?

David Cameron : Le pays a parcouru un chemin énorme depuis. Si on revient 60 ans en arrière, c‘était après la seconde guerre mondiale. Il y avait le rationnement et plein d’autres problèmes et de difficultés. Le pays s’est transformé depuis. Ce que l’on célèbre aujourd’hui, ce sont deux choses : tout d’abord, un record personnel. 60 ans sur le trône, de dévouement, de service, d’engagement pour son peuple, pour le Commonwealth, pour le monde. Durant ces 60 années, elle a toujours agi de manière remarquable pour le service public. Ce que l’on célèbre aussi aujourd’hui en Grande-Bretagne, c’est l’institution de la monarchie. Tous les pays veulent avoir cette combinaison de stabilité et d’institutions qui reflètent leur histoire mais aussi la démocratie et la liberté. Et je crois qu’en Grande-Bretagne, nous avons trouvé une bonne voie. C’est ce n’est pas la voie de tous mais c’est notre façon de voir les choses. La monarchie a servi notre pays dans le respect. C’est au-dessus de la politique, c’est un symbole d’unité nationale et, comme vous pouvez le voir à travers les célébrations, ça rassemble les gens.

euronews: Vous rencontrez la reine chaque semaine. Nombreux sont ceux en Grande-Bretagne ou à l‘étranger qui se demandent si ce n’est pas juste une joyeuse tradition britannique?

David Cameron : Non, c’est une part importante de la Constitution car la reine est la chef de l’Etat. Bien entendu, ce sont le Premier ministre élu et le gouvernement qui prennent les décisions. La reine est le chef cérémoniel de l’État. Mais il est important pour le Premier ministre de voir le monarque chaque semaine afin de régler les problèmes, de relever les défis ici et dans le monde, de se justifier, d’expliquer ce que le gouvernement est en train de faire avec, évidemment, le concours de la reine qui a déjà travaillé avec douze Premiers ministres. Elle a commencé avec Winston Churchill… La reine a tout vu, tout entendu, elle a voyagé partout dans le monde, elle connaît quasiment chaque chef d’État et de gouvernement, elle peut donner de très bons conseils et poser des questions très très pertinentes.

euronews : Les Jeux Olympiques approchent. Que signifient-ils pour Londres et pour la Grande-Bretagne?

David Cameron : C’est une année fantastique pour la Grande-Bretagne. Le monde entier va nous regarder. Tout près d’ici à East London, les Jeux sont en train de transformer une zone qui était délabrée. Il y a une transformation qui est en marche. Mais ce qui est encore plus important, c’est de s’ouvrir au monde et de lui dire : certes, nous avons des difficultés économiques, mais nous avons le marché unique européen à notre porte, nous sommes entre les fuseaux horaires de l’Amérique et du Japon, nous avons la langue anglaise, le langage du business. Nous avons quelques unes des meilleures universités au monde, un milieu d’affaires dynamique, une grande culture, je pense à la science, à l’art et au reste.
Venez visiter ce pays! Les Jeux sont une grande opportunité pour la Grande-Bretagne. J’espère qu’ils vont inciter les jeunes à pratiquer des sports de compétition et qu’ils laisseront un héritage durable dans le futur.