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Alexis Tsipras, l'homme qui fait rêver les Grecs et inquiète l'Europe

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Alexis Tsipras, l'homme qui fait rêver les Grecs et inquiète l'Europe

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Alexis Tsipras, 37 ans. Brusquement, sans qu’on le voit venir, le jeune leader de Siriza est devenu celui qui incarne la rue grecque, celle de la révolte, du “non” à l’austérité et aux vieilles politiques. Les Grecs aux abois, étranglés par les plans de rigueur ont vu en cet homme sérieux et plutôt discret l’un des leurs, une bouffée d’air.

“Nous sommes le peuple grec, nous le disons haut et fort pour que les dirigants européens l’entendent, aucun peuple ne peut être volontairement conduit à l’indignité, à l’assujetissement et au suicide….” avait-il dit.

Il y a quelques semaines encore, c‘était un quasi inconnu. Celui qui fait ses games chez les communistes à 20 ans, entre au Parlement en 2009, un an après avoir pris la tête de la coalition de gauche. Un idéaliste dit-on, qui se bat contre la rigueur comme Don Quichotte contre les moulins à vent… Et pourtant. Le ras-le-bol des vieux partis, et la crise vont passer par là. Le 6 mai, il quadruple son score des élections précédentes. Presque un séisme : avec près de 17 pourcent des voix, Syriza s’impose comme deuxième parti du pays, faisant exploser le bipartisme traditionnel.

Tsipras a clairement annoncé la couleur, non au mémorandum, aux plans de rigueur… il le redit à la table des négociations, appelé par le président grec à former un gouvernement de coalition. Et même s’il échoue, l’image fera date.

On compare Alexis Tsipras à Jean Luc Mélenchon, le turbulent chef du Front de Gauche français, qu’il rencontre le 21 mai, avant une visite aux dirigeants de Die Linke, la gauche allemande, le lendemain. Mêmes points de vue sur une Europe plus solidaire et juste.

Il entend supprimer les diminutions de salaires, nationaliser en partie les banques grecques, lancer un audit sur la dette, lutter contre la corruption…
Mais l’homme sidère et inquiète les capitales européennes et les marchés qui craignent que la Grèce n’honore pas son engagement à poursuivre les réformes et le redressement de l‘économie.

Tspiras l’a redit cette semaine: “Ce que nous pouvons assurer, c’est que la Grèce ne continuera pas à être un cobaye avec lequel on joue, à supporter tous les fardeaux d’une crise dont le peuple grec n’est pas responsable.’”

Tsipras est contre l’austérité imposée, mais répète qu’il veut rester dans l’euro, comme 8O% des grecs.