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En Grèce, la peur (légitime) du lendemain

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En Grèce, la peur (légitime) du lendemain

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Les Grecs redoutent l’avenir. Alors, ils retirent leur argent des comptes d‘établissements bancaires dont l’avenir est lui-même loin d‘être assuré. Et les sommes récupérées par les épargnants auraient atteint des montants impressionnants : 600 à 900 millions d’euros par jour.

“Je suis inquiète, témoigne une retraitée de 72 ans, ancienne ingénieure. Je n’ai pas d’argent, ni à retirer, ni à déposer. Ma principale inquiétude, elle n’est pas pour moi, mais pour mes enfants. Parce qu’en ce moment, ils n’ont pas de travail.”

En retirant leurs économies, les épargnants contribuent du même coup à affaiblir un peu plus l‘économie nationale, entraînant le pays dans une spirale infernale. Tandis que ceux qui n’ont même pas d’argent de côté en sont réduits à solliciter la soupe populaire.

Et le chômage explose : 21,9% en mars 2012 (dernière statistique), plus d’un tiers chez les jeunes de 25 à 29 ans, plus de la moitié chez les moins de 24 ans non scolarisés.

“Ce qui m’effraie, c’est que mes enfants n’ont pas d’avenir, explique une autre femme, âgée de 42 ans. Ils ont fait des études, ils ont obtenu des diplômes. Et tout cela ne sert à rien. Ils n’arrivent même pas à obtenir un job sur un chantier, ne serait-ce que pour un salaire journalier. Et quoi de plus dramatique pour une famille que de vivre sans électricité ?”

La pauvreté s’accroît. Jusqu’aux médicaments qui commencent à manquer, comme des antibiotiques… et des antidépresseurs. Nombre de pharmacies ont en effet du mal à s’approvisionner en raison de leur faible solvabilité.