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La Grèce va bientôt avoir besoin d'argent frais


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La Grèce va bientôt avoir besoin d'argent frais

La Grèce n’est pas en rupture de fonds mais après la formation du nouveau gouvernement à Athènes, les représentants du FMI, de la BCE et de la Commission européenne – la troïka – reviendront pour dialoguer avec les nouveaux ministres du programme d’austérité et décider des futures tranches de prêt à verser. L’Etat grec aurait encore de quoi payer ses fonctionnaires jusqu’au 20 juillet, mais après…… Le versement d’une nouvelle aide financière dont on ne sait plus si elle fait partie du premier plan d’aide de 110 milliards d’euros ou du deuxième de 130 milliards d’euros, est donc souhaitable rapidement s’il vous plaît.
“L’assèchement du crédit dont le secteur privé a souffert depuis un an et demi est énorme, affirme Constantine Michalos, Président de la chambre grecque de Commerce. Il y aura des sacrifices c’est certain, mais le peuple grec a besoin de savoir combien de temps ces sacrifices vont durer, quand tout cela va-t-il finir ? Quand verra-t-il la fin du tunnel ?
Jeudi, les ministres des finances de la zone euro se retrouveront mais le sujet le plus urgent portera sur la finalisation de l’aide aux banques espagnoles. Toutefois, les ministres devraient faire bloc pour demander au nouveau minstre grec des finances le respect du programme d’austérité négocié précédemment.

Nouveau gouvernement en Grèce : qu’est ce qui va changer ?

Depuis la chute des colonels il y a près de quarante ans, le pouvoir grec est synonyme de corruption, d’opacité, de clientèlisme. Le séisme financier qui a touché le pays a ébranlé aussi son système politique. Et le nouveau gouvernement issu des urnes sera composé des partis traditionnels accusés justement aujourd’hui d’avoir mis le pays à genou. Aura-t-il tiré les leçons de la crise, qu’est ce qui va changer? Pour en savoir plus, Euronews a rencontré l‘économiste Dimitrios Tsomocos, conseiller de Antonis Samaras.

Laura Davidescu, Euronews :
Si l’austérité pour l’austérité a échoué, et si le nouveau gouvernement grec a une chance de recommencer à zéro, qu’est-ce que ce nouveau gouvernement peut faire ? Qu’elle est sa vision des choses?

Dimitrios Tsomocos, conseiller économique de Antonis Samaras:
Le premier point, dès maintenant, c’est la renégociation, le remplacement des mesures d’austérité par des mesures politiques en faveur de la croissance et de la relance. Correction et réajustement des injustices sociales qui ont été commises. Prêts bancaires en lien avec l‘économie réelle. Plan d’investissement plus adapté et ouvert. Plan d’investissement, et lancement dans le même temps des réformes structurelles.

Autre point, et pas le moindre, le système fiscal doit être réformé. Les taxes doivent être plus faibles, l‘économie grecque connait la récession, les entreprises grecques ferment les unes après les autres. La population grecque a des problèmes économiques, et un système fiscal plus doux, une TVA plus basse, des taxes pour les entreprises et sur les revenus moins les élevées vont relancer l‘économie, sortir l‘économie de la récession…

Laura Davidescu:
Je suis un homme d’affaires grec, la tête pleine d’idées brillantes, je viens frapper à la porte de la nouvelle administration. Quelle réponse vais-je recevoir? Vais-je avoir son feu vert ou non?

Dimitrios Tsomocos:
Le principal objectif du nouveau gouvernemnt grec est de répondre aux attentes du marché, rassurer les marchés et rétablir la confiance des entreprises.
Ensuite, les investisseurs étrangers et grecs commenceront à investir, à avoir confiance dans
l‘économie grecque. Et cela seulement lorsque les relations entre l’Etat et l‘économie réelle seront devenues plus simples, efficaces, intelligentes,
comparé aux relations paternalistes et bureaucratiques qui existaient avant.

Laura Davidescu :
Dans quelques heures, vous aurez besoin d’argent, vous aurez à négocier tout cela. Le gouvernement Samaras est-il en mesure de s’asseoir face aux Allemands à la table des négociations, sans sourciller?

Dimitrios Tsomocos:
Samaras a prouvé dans sa carrière politique qu’il est un négociateur dur et solide. Deuxième point, je ne voudrais pas considèrer les relations entre la Grèce et l’Allemagne d’une manière conflictuelle. Nous sommes tous ensemble dans cette affaire. Il est temps maintenant que l’Union européenne se réveille, si je puis dire, qu’elle favorise la croissance, qu’elle substitue la croissance à l’austérité, qu’elle réalise que la crise de la dette souveraine grecque est un problème pan-européen. On ne peut pas toujours avoir des pays indéfiniment excédentaires, les pays de l’Europe du Nord et des pays indéfiniment déficitaires. Les mesures pour faire converger les économies, des mesures fixées avant par Jacques Delors, Helmut Kohl, François Mitterrand, devraient être renforcées, devraient être appliquées. Et je suis assez confiant. Après ce qui s’est passé en Espagne, les Européens ont commencé à réaliser l’urgence de changer les mentalités.

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