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L'Espagne sera mise à l'épreuve


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L'Espagne sera mise à l'épreuve

La demande d’un sauvetage pour les banques espagnoles a été officialisée, mais on n’en connaîtra pas les conditions avant la réunion des ministres des Finances de la zone euro le 9 juillet. Une ligne de crédit, c’est ainsi que le gouvernement espagnol désigne ce plan d’aide.
Mais au sommet européen, ce qui était jusqu‘à présent des recommandations de Bruxelles devrait devenir des exigences. Il y aura certainement une hausse de la TVA, peut-être un report de l‘âge de la retraite et même une baisse du salaire des fonctionnaires. Plus de sacrifices donc, après deux années de réformes et de coupes drastiques dans un pays qui compte six millions de chômeurs. Daniel Gros, directeur du Centre for European Policy Studies à Bruxelles, a livré à euronews son analyse sur la situation espagnole. Voyez notre vidéo.

Espagne, le cercle vicieux
 
Entrainée par un tourbillon qui aspire par le fond son économie, l’Espagne est officiellement en récession et l’on ignore de quelle manière elle va pouvoir se redresser.
 
La crise atteint de l’aveu même de certains ministres espagnols des proportions immenses. La quatrième économie de la zone euro est dans un cercle vicieux.
 
Pendant des années, la croissance espagnole est tirée par la construction et les millions d’emplois qu’elle offre. Et ça marche… jusqu‘à l’explosion de la bulle immobilière qui entraine une hausse du chômage, laquelle accroit le nombre de mauvais payeurs et débouche sur une crise bancaire.
 
Aujourd’hui l’Espagne, c’est l’exemple type de l‘échec du modèle “mono-industriel”.
 
Le taux de chômage a explosé, c’est le plus haut en Europe. 22.9%, et c’est pire encore pour les jeunes. 50% des moins de 25 ans sont sans emploi.
 
Une génération sacrifiée, qui n’a plus de perspectives d’avenir, et pas les moyens de rebondir.
 
Le secteur bancaire quant à lui est sinistré, particulièrement dans les régions qui ont tout misé sur la construction. Leur besoin de liquidité et la recapitalisation des banques menacent de faire plonger les finances de l’Etat davantage dans le rouge.
 
La dette espagnole qui était parmi les plus basses de la zone euro juste avant la crise a bondi en quelques années. Elle s‘élève aujourd’hui à 72,1% du PIB.
 
L’Espagne par ailleurs souffre d’un manque de productivité. Elle n’a augmenté que de 0.89% sur les 10 dernières années alors que dans le même temps les salaires augmentaient de 29%.
 
Des coûts salariaux parmi les plus élevés de la zone euro. En découle une compétitivité en berne. Au 30ème rang mondial, derrière la plupart de ses voisins européens.
 
D’où viendra la relance? C’est bien la question que tout le monde se pose…..
 
Difficile de compter sur le secteur automobile, premier poste d’exportation car il est en crise lui aussi.
  
Parmi ses forces, l’Espagne a une industrie textile qui repart à la hausse depuis 2010. Réorientation oblige : + 8.7 % de production et + 14% d’exportation. Pas sûr que cela suffise… pas plus que le tourisme, l’un des secteurs clés du pays. Il représente 10% du PIB
 
Aujourd’hui l’Espagne doit trouver un autre moteur.  Un nouveau modèle économique, en investissant dans la formation notamment  Une métamorphose qui devrait prendre du temps.
 

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