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Grèce : les grands défis à relever

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Grèce : les grands défis à relever

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La situation en Grèce n’est officiellement pas la priorité du sommet européen de cette fin de semaine. Après la victoire aux élections des forces politiques ne remettant pas totalement en cause les conditions du plan d’aide, l’attention européenne s’est portée sur d’autres maillons faibles. Mais la Grèce compte bien obtenir plus de temps pour appliquer son programme d’austérité. Tout de suite, notre analyse sur sa situation économique.

Les déboires de la Grèce n’ont pas commencé avec la crise, mais bien avant. L’arrivée de l’euro a perturbé une économie au fonctionnement obscure et obsolète et mis en lumière toutes les failles du système. Aujourd’hui, la Grèce est en ruine, et malgré les perfusions européennes, il faudra des années pour reconstruire.

La dette du pays est abyssale, près de 140% du PIB. En cause, d‘énormes problèmes structurels et un mal endémique, voire un sport national, la fraude et la corruption.

60% des grecs ne paient pas la totalité de leurs impots. 18% d’entre eux, au minimum, ont déjà payé un pot-de-vin. La grèce est le cinquième pays le plus corrompu d’Europe et le manque à gagner est énorme pour l’Etat, 13 milliards d’euros par an.

La fraude est partout. Arnaques à l’aide sociale avec des enveloppes pouvant atteindre 30 000 euros pour un acte chirurgical dans un hôpital public, détournement de fonds par des fonctionnaires ou encore par des partis politiques.

Au total, l‘économie souterraine représente 25% du PIB.

La débacle économique a précipité l’envolée du chômage. Les plus touchés sont les jeunes.

Le taux est l’un des plus élevé de la zone euro, 22.6%. Plus de 52% des jeunes de moins de
25 ans sont sans emploi, 30% de la tranche suivante.

La productivité de la Grèce est mauvaise, inférieure de 22% à la moyenne européenne. Quant aux coûts salariaux ils ont bondi de plus de 50%.

Problème structurel. Les entreprises grecques ne sont pas compétitives, pas tournées vers l’exportation. Elles sont principalement de petites entreprises familiales et artisanales. 57% des salariés grecs travaillent dans des entreprises de moins de dix salariés.

Pourtant, contrairement aux idées reçues, les Grecs sont travailleurs. Ils travaillent en moyenne plus de 2000 heures par an. C’est beaucoup plus qu’en Allemagne par exemple.

Les deux secteurs forts du pays pourront peut-être l’aider à se redresser à l’avenir. Le transport maritime d’abord. La grèce est le premier armateur mondial. Le pays représente 16% du tonnage mondial et le secteur contribue à 6% du PIB.
Il a rapporté 145 milliards d’euros en 10 ans.

La Grèce peut aussi et pour longtemps sans doute compter sur le tourisme. Le secteur représente 15% du PIB.

En finir avec la corruption, avec des réglementations d’un autre âge et baisser les coûts du travail sont les grands défis à relever par le pays pour le rendre à nouveau compétitif et attractif pour les investisseurs.