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Fukushima : Tepco et le gouvernement japonais ont ignoré les risques


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Fukushima : Tepco et le gouvernement japonais ont ignoré les risques

Ils croyaient au mythe de la sécurité nucléaire, qui rend impossible tout accident grave et ont ignoré les risques… 16 mois après la catastrophe de Fukushima, le gouvernement japonais et la compagnie Tepco font l’objet d’un rapport accablant.

Un rapport de 450 pages que la commission d’experts composée de chercheurs, d’ingénieurs et de juristes a rendu ce lundi et qui ne ménage ni l’opérateur de la centrale, ni les autorités:

Toshio Tanako, rapporteur de la commission:
“Si une catastrophe se produit, il devient nécessaire de prendre des décisions dans des conditions extrêmes et difficiles. Si quelqu’un n’est pas préparé à l’affronter, je ne crois pas que cette personne ait les qualifications nécessaires pour gérer une centrale nucléaire. De ce point de vue, je me demande si ceux qui étaient impliqués ont bien été préparés avant l’accident.”

Le rapport,dont les auteurs ont interrogé 772 personnes impliquées avant ou pendant l’accident, ne se borne pas à épingler la sous-estimation du danger. Il pointe du doigt la gestion après l’accident, une formation insuffisante du personnel, une structure de management peu adaptée.

Ce rapport met aussi en cause les interventions directes du Premier Ministre de l ‘époque, Naoto Kan, et de son équipe dans la gestion de la crise:
“elles ont pu entraîner de la confusion, empêcher de prendre des décisions importantes et entraîner des jugements erronés”, peut-on lire. Le rapport accuse également Tepco d’avoir ralenti la recherche des causes de l’accident.

Ces critiques n’arrivent pas seules: le gouvernement
vient d’ouvrir une enquête sur des révélations de la presse selon lesquelles un sous-traitant aurait conduit ses salariés à falsifier les instruments de mesure de radioactivité à l’intérieur de la centrale pour indiquer des taux permettant d’opérer sur place, alors qu’ils étaient beaucoup plus élevés .

Mais, si le rapport d’enquête demande des mesures de sécurité plus strictes, le Japon peut-il se priver du nucléaire? Alors qu’en 2010, l‘énergie nucléaire
couvrait 27% des besoins énergétiques du pays, elle était censée en fournir 40% en 2017.

Dans l’immédiat, après Fukushima, tous les réacteurs ont été éteints, mais le choix nucléaire parait confirmé depuis l’autorisation par le gouvernement de relancer ce mois ci deux réacteurs sur le site d’Oi. Une décision qui a donné un nouveau coup de fouet à la constestation antinucléaire, avec des manifestations inédites à Tokyo. Selon les derniers sondages, 80% de la population japonaise est contre le nucléaire.

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