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Biocarburants : une menace pour la marché alimentaire mondial ?


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Biocarburants : une menace pour la marché alimentaire mondial ?

Pour éviter une crise alimentaire, la FAO, par la voix de son directeur général, réclame une suspension de la production du bioéthanol réalisé à partir de maïs, aux Etats-Unis.

Et pour cause : depuis plusieurs semaines, les prix des matières premières agricoles ont connu des flambées en Europe mais également sur les marchés américains, sous la pression d’aléas climatiques successifs qui affectent les principaux producteurs.

Autre facteur aggravant : ces produits ne sont plus destinés au seul marché de la consommation et sont désormais utilisés également pour la production de biocarburants.

Et ce sont précisément ces biocarburants qui sont accusés de faire grimper en flèche les prix des denrées alimentaires. Du coup, c’est la sécurité alimentaire mondiale qui est en péril.

Des prix qui s’envolent à commencer par celui du blé : près de 26% d’augmentation entre juin et août. Près de 20% pour le mais, et près de 8% pour le riz. Aux Etats-Unis, ce constat est bien grave encore. Puisque les prix du mais se sont envolés là-bas de près de 40% depuis le 1er juin.

Si la demande en céréales augmente, les perspectives de récoltes de maïs se sont elles largement détériorées en raison de la sécheresse et des fortes chaleurs, et des perturbations climatiques de manière générale. Inondations, tsunami en Asie, et autres catastrophes naturelles.

L’offre stagne, les prix augmentent.

Quant aux éleveurs, ils ne sont pas au bout de leur peine. Les matières premières agricoles servant aussi d’alimentation pour les bêtes : leurs prix augmentent, tout comme les coûts de production de la viande.

Pour contrer un tant soit peu la crise financière, les investisseurs ont donc trouvé dans les matières premières une sécurité de plus qui faisait terriblement défaut aux produits financiers.

Résultat, les volumes d‘échanges explosent sur les marchés agricoles et les spéculateurs s’enrichissent. La nourriture, elle, continue de faire cruellement défaut.

Juin 2011 marque un échec de plus du G20 : aucune mesure de taille n’est prise pour limiter la spéculation.

Nicolas Sarkozy, président français de l‘époque, s’est tout de même autorisé cette sortie :

“Mais je dis, qui peut accepter, alors que l’on a pas de quoi nourrir la planète et cette évolution de la planète, que les financiers s‘échangent 46 fois le volume physique du marché mondial du blé ?”

Prévue ce dimanche à l’initiative de David Cameron, une nouvelle et énième conférence sur la faim va se tenir à Londres, au dernier jour des Jeux Olympiques.

Parviendra-t-elle à ouvrir la voie à une réforme en profondeur de notre façon de produire et distribuer la nourriture comme le souhaiterait l’OXFAM, rien n’est moins sûr.

Farouk Atig.

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