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Les Tunisiennes craignent une remise en cause de leur statut


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Les Tunisiennes craignent une remise en cause de leur statut

Marée humaine à Tunis. 10.000 personnes au moins, hostiles au gouvernement islamiste et venues en ce 13 août défendre le droit des femmes, qui est précisément la journée qui leur est consacrée en Tunisie.

Le mot d’ordre : le retrait d’un projet d’article de la constitution qui se réfère à la complémentarité, et non pas à l‘égalité entre la femme et l’homme.

“La femme tunisienne est une part entière, elle est l‘égale de l’homme et on est là pour montrer ça et si aujourd’hui les femmes tunisiennes sont là nombreuses, c’est parce qu’on a une place dans la société et on acceptera jamais d‘être comptées en tant que complément, s’insurge cette manifestante”

“Un nombre impressionnant de personnes, aussi bien des hommes que des femmes, sont venues ici pour rappeler qu’au cours des 50 dernières années, la Tunisie a vraiment mis en avant l‘égalité entre les hommes et les femmes. Et aujourd’hui, ils redoutent de faire machine arrière.”

Depuis 1956 et le fameux code du statut personnel ou CSP – un arsenal juridique décrété par l’ancien président Bourguiba qui instaurait l‘égalité entre l’homme et la femme dans plusieurs domaines – le statut de la femme tunisienne fait figure de modèle dans le monde arabe, du moins selon les critères occidentaux.

La poligamie est bannie. Le divorce et le mariage sont encadrés par le loi et régis par consentement mutuel. Les femmes jouissent d’une égalité de droits sociaux mais aussi d’une égalité de droits face au travail et à l‘éducation.

Résultat une société plutôt égalitaire, où les femmes sont présentes dans tous les corps de métiers, y compris dans l’armée ou la politique. Une société dans laquelle 59,5% des étudiants de l’enseignement supérieur sont du sexe féminin. Et même si elles restent plus touchées par le chômage, les femmes sont partie prenante de la société tunisienne.

Une société qui reste toutefois profondément divisée entre modernisme et relents traditionnels et conservateurs. Avec cette série de lois édictées par feu Bourguiba, la charue a peut-être été mise avant les boeufs. La société a certes connu des mutations profondes, il n’en a pas toujours été de même avec les mentalités. Peut-être aurait-il fallu davantage porter l’accent sur l‘éducation, estiment certains.

Aujourd’hui encore, les femmes elles-mêmes sont généralement divisées en 2 clans : celles évoluant dans le milieu ultraconservateur et les autres, plus émancipées, totalement acquises au CSP.

“Les gens souhaitent se débarrasser du Code du statut personnel et changer les traditions de cette société. Nous célébrons cette anniversaire pour s’assurer que nos droits seront préservés et défier ceux qui s’opposent à l’idée que nous puissions avoir des droits, soutient Maya Jribi, secrétaire générale du Parti Républicain.”

Le risque est donc de voir les droits des femmes remis en cause par une formation bien plus réservée à leur égard. Un bon en arrière que les Tunisiennes, toute générations confondues, n’entendent pas réaliser.

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