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La justice belge libère l'ex-femme de Marc Dutroux

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La justice belge libère l'ex-femme de Marc Dutroux

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Michelle Martin est libre. Ainsi en a décidé la Cour de cassation belge. L’ex-femme et complice du pédophile Marc Dutroux est mise en liberté conditionnelle. Condamnée à 30 ans de prison, elle en a passé 16 derrière les barreaux. Jugeant infondé le recours des parties civiles, la Cour a confirmé la décision du Tribunal d’application des peines de Mons de la faire libérer. Pour le père de la petite Julie – l’une des victimes de Dutroux – et son avocat, une décision incompréhensible.

“ Depuis maintenant 16 ans, les victimes ignorent quel rôle elle a pu jouer dans toute cette affaire épouvantable. Elle a menti plusieurs fois, elle ne nous a pas donné aujourd’hui encore la clé qui permette de connaître son rôle “ , a regretté Georges-Henri Beauthier.

“ Cette femme est un danger pour la société “ , a réagi Jean-Denis Lejeune. “ Avec le passé qu’elle a, elle passe au travers des mailles du filet, mais elle n’a fait qu’utiliser le droit belge, or actuellement les lois en Belgique sont faites de sorte que ça lui permet de demander sa libération conditionnelle. “

Michelle Martin va s’installer dans un couvent tenu par des soeurs clarisses à Malonne, à une soixantaine de kilomètres de Bruxelles. Elle y travaillera quatre heures par jour. Son avocat, Thierry Moreau, plaide l’apaisement :

“ Il y a plusieurs personnes qui ont fait l’expérience de rencontrer Madame Martin pendant sa détention. Ces personnes ont dit : nous, en cas de projet de réinsertion, on est prêts à le soutenir parce que on est face à quelqu’un qui manifestement veut faire le maximum pour se racheter “ , a-t-il assuré.

Le 19 août, 5.000 personnes avaient manifesté contre cette libération et pour une réforme de la justice. L’avocat de Jean-Denis Lejeune menace de saisir la Cour européenne des droits de l’Homme, à moins que la Belgique ne permette aux victimes de faire entendre leur voix devant les tribunaux d’application des peines.

“ Pour les familles et les victimes rescapées, cette mise en liberté conditionnelle, c’est une fois encore la preuve des faiblesses de la justice belge “ , explique notre correspondante à Bruxelles, Audrey Tilve. “ Mis sous pression, le ministère de la Justice a proposé que les condamnés ne puissent plus sortir de prison avant d’avoir purgé au moins les deux/tiers de leur peine. “