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Etats Unis : la déception de l'électorat noir

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Etats Unis : la déception de l'électorat noir

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C‘était il y a quatre ans. Un évènement historique: un noir élu à la maison blanche. L’espoir suscité par cette élection hors du commun est immense dans le pays, et particulièrement dans la communauté noire, 96% d’entre eux ont voté Obama. 4 ans plus tard, beaucoup sont déçus, rien d‘étonnant à cela selon cet analyste.

David Gergen, analyste politique:
“Ce fut l’une des campagnes les plus porteuses d’espoir des temps modernes. Il était difficile pour quiconque d‘être à la hauteur des espérances, encore
plus pour quelqu’un héritant d’une récession si forte… Je pense qu’ils se sont retrouvés face à des attentes beaucoup plus élevées que ce qu’ils pouvaient faire.”“

Comment se comportera l‘électorat noir le 6 novembre prochain ? S’il reste majoritairement acquis à Obama, l’enthousiame a pris un coup dans l’aile. En 2008, 2 millions de noirs qui n’avaient jamais voté s‘étaient déplacés aux urnes. Pas sur cette fois ci…

Paradoxalement, avoir un président noir n’a pas aidé la communauté noire. plutôt le contraire. Le racisme est toujours aussi présent, parfois même plus fort, l‘élection d’Obama suscitant chez certains une haine aveugle. Et les inégalités se sont creusées. La condition économique de la classe moyenne noire s’est aggravée. La crise les a davantage affectés :

Alors que le taux de chômage chez les blancs s‘élève à 7,4%, il est de près du double chez les noirs.
Chez les jeunes, même phénomène. là encore les jeunes noirs sont presque deux fois plus touchés.

Des chiffres à prendre avec prudence. Selon de nombreux analystes, l’augmentation du chômage des noirs tient plus au fait que de plus en plus d’afro- américains arrivent sur le marché de l’emploi. Par ailleurs l‘émergence d’une classe moyenne noire est assez récente et donc fragile. En temps de crise, les plus fragiles paient dabord.

Scott Keeter, Pew research Center:
“Beaucoup des groupes qui ont joué un rôle-clé dans son succès, les Afro-Américains, les Latinos, les jeunes, les femmes seules, ce sont ces groupes-là qui ont été les plus dûrement touchés par la récession et la lenteur de la reprise.”

La situation est délicate pour Barack Obama. L’affaire Trayvon Martin l’illustre bien. Le meurtre de ce jeune noir par un blanc a suscité émotion et indignation. Obama a mis du temps à réagir avant d’affirmer que s’il avait un fils, il ressemblerait à Trayvon. Difficile pour lui de ne plaider que la cause des noirs. Et difficile pour les noirs de plaider la discrimination quand le président est noir.