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Les indépendantistes québécois en tête dans les sondages à la veille des élections


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Les indépendantistes québécois en tête dans les sondages à la veille des élections

Les indépendantistes québécois en passe de reprendre le pouvoir ? Dans un sondage daté de dimanche, le Parti Québécois (PQ), parti indépendantiste de centre gauche mené par Pauline Marois, compte 33% d’intentions de vote. Le gouvernement libéral sortant, Parti Libéral du Québec (PLQ), n’est plus crédité que de 27%, tout juste devancé par le nouveau parti Coalition Avenir Québec (CAQ) passé à 28%. Dans le système de vote uninominal majoritaire à un seul tour, cette majorité permettrait au PQ de former un gouvernement mais ne lui donnerait pas la majorité au parlement.

Si elle est élue, Pauline Marois du PQ sera la première femme à devenir Premier ministre du Québec. Lors d’une conférence de presse, la candidate a expliqué ne pas avoir “fait d’appel particulier à l’égard des femmes” mais a reconnu que leur vote pourrait faire pencher la balance en sa faveur : “ce que je sens sur terrain, c’est que beaucoup de femmes viennent à ma rencontre pour dire la fierté qu’elles auraient d’avoir une femme à la tête du Québec”. Autres alliés de poids pour le PQ, les étudiants qui après des mois de grève, pourraient voter pour le seul parti à avoir mis dans son programme l’abolition de la hausse des droits de scolarité contre lesquels ils manifestaient. La synergie est telle que Léo Bureau-Blouin, l’une des figures de prou du mouvement étudiant, s’est présenté sous la bannière du parti indépendantiste. Les questions de l’identité québécoise et de l’indépendance, centrales au parti, sont finalement plutôt un point faible qu’une force pour convaincre l’électorat. En effet, seul un tiers de la population se dit favorable à l’indépendance et les deux précédents référendums sur le sujet en 1980 et 1995 ont vu le non gagner.

La Coalition Avenir Québec, parti de centre droit créé en novembre 2011, promet un moratoire de 10 ans sur cette question de l’indépendance. Il peut donc séduire des électeurs fédéralistes mais lassés du PLQ au pouvoir depuis neuf ans et menacé par des affaires de corruption. Le leader de la CAQ, François Legault, ancien indépendantiste, l’a bien compris. Jouant la carte de la fin du bi-partisme, il a promis le changement et “le grand ménage”. Au fil de la campagne, ce nouveau parti a réussi à dépasser les libéraux dans les intentions de vote.


Pas d’équipe de hockey professionnel à Québec si vous votez pour le Parti Québécois promet le Premier ministre

Donné battu dans les sondages, Jean Charest tente le tout pour le tout dans les derniers jours de la campagne au Québec. Lors d’une conférence de presse dimanche, il a déclaré que l’arrivée d’un gouvernement péquiste (du Parti Québécois ndlr) pourrait compromettre le retour d’une équipe de hockey professionnel dans la ville de Québec. Selon lui, le PQ apporterait une instabilité économique telle que les investisseurs prêts à parier sur le retour de l’équipe des Nordiques à Québec seraient échaudés.

L’équipe des Nordiques a été rachetée en 1995 par une société américaine et a déménagé à Denver au Colorado, donnant naissance à la franchise NHL de l’Avalanche du Colorado. La ligue Nationale de Hockey du Canada compte en effet des équipes du Canada et des Etats-Unis. Depuis 1995, la ville de Québec espère le retour de son équipe. Jean Charest se rendra ce lundi à la pose de la première pierre d’un nouvel amphithéâtre, point de départ du retour de l’équipe à Québec.


Dans ce contexte de fin de campagne défavorable, le PLQ met l’accent sur la “stabilité” et brandit la menace du “chaos dans la rue” et dans les relations avec Otawa si le PQ gagne. Jean Charest, actuel Premier ministre, a ainsi invité dimanche les électeurs fédéralistes tentés par la CAQ à revenir vers les libéraux pour ne pas “faire élire Mme Marois”. Il a attaqué François Legault de front, déclarant qu’il n’était “pas fiable” en raison de son passé d’indépendantiste.

Six millions d’électeurs sont appelés aux urnes mardi 4 septembre. Ces élections anticipées surviennent après des mois d’ébullition sociale causée par le mouvement de grève des étudiants contre la hausse des frais de scolarité. Le mouvement a été surnommé le Printemps Erable.

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