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Ne pas baisser la garde contre l'illettrisme


Le bureau de Bruxelles

Ne pas baisser la garde contre l'illettrisme

Lire et écrire sans peine n’est pas une évidence, pas même en Europe. La journée internationale de l’alphabétisation est l’occasion de rappeler les chiffres. La Commission européenne en retient un : un jeune de 15 ans sur cinq ne possède pas les compétences de base en lecture et en écriture. A la demande de Bruxelles, un groupe d’experts a réfléchi et fait des propositions. Parmi elles, plus d’aide individuelle à l‘école et l’installation de bibliothèques dans des lieux inhabituels.
A l’association belge “ Lire et Ecrire “, on dispense des cours d’alphabétisation et on s’inquiète d’une nouvelle forme d’exclusion.

“ Les exigences de la société sont de plus en plus grandes, explique Catherine Stercq, de Lire et Ecrire. “ Ca veut dire qu’on peut être ce qu’on pourrait appeler illettré par déclassement technologique. C’est-à-dire que de plus en plus on a besoin d’aller à une console pour faire ses opérations à la banque, prendre un billet de train, faire ses courses. On fait de plus en plus appel à la lecture et l‘écriture dans des domaines où il y a dix ans, ça ne posait pas de problème de ne pas savoir lire et écrire. “

Denis Cornet vit à Liège. Il a suivi des cours d’alphabétisation chez Lire et Ecrire pendant trois ans et vient d’obtenir son Certificat d‘études de base. Il savait plus ou moins lire mais écrivait phonétiquement. Un accident a obligé cet ancien peintre en bâtiment à cesser son activité. C’est là qu’il a décidé de franchir le cap. Aujourd’hui, il est soulagé de ne plus avoir à cacher ses difficultés.

“ Je faisais semblant “ , raconte-t-il. “ Je disais, écoutez, je prends le papier, je vous le ramènerai, des choses comme ça, ou j’utilisais des subterfuges. A l’administration, je disais j’ai oublié mes lunettes, ou je venais avec un bandage au bras. Voilà, maintenant, comme un papillon qui renaît, on se sent un peu plus comme tout le monde. “

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