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Québec : retour sur la victoire mitigée de Pauline Marois

Le discours inaugural de Pauline Marois, nouvelle Première ministre, a été gâché par une fusillade au Métropolis de Montréal, mardi dernier. En effet, des coups de feu tirés par un homme d’une soixantaine d’années ont touché deux personnes, faisant un mort et un blessé. Dans la salle, la ferveur et la joie des partisans du Parti Québécois ont cédé place à la tristesse et la consternation.

« L’élection de Pauline Marois fait la fierté de tous les Québécois » à déclaré Régis Peugnot, technicien pour Radio Canada, présent au Métropolis mardi soir. L’euphorie qui entourait la prise de parole de la chef du gouvernement n’a fait que croître pour atteindre son paroxysme lorsqu’elle a abordé la question de la souveraineté du Québec. Durant son allocution, Pauline Marois a entamé un mini-discours en anglais «comme pour rassurer la communauté anglophone » explique Régis Peugnot.

Les défis du nouveau gouvernement québécois

Avec 32% des voix (contre 31% pour le Parti Libéral du Québec (PLQ) et 54 sièges (contre 50 pour le PLQ) sur 125 sièges à l’Assemblée Québécoise, la marge de manœuvre du gouvernement minoritaire s’avère limitée. Manon Globensky, correspondante à Radio Canada, explique que « ce gouvernement devra sans arrêt former une majorité politique autour de lui, en ralliant notamment les voix de la Coalition avenir Québec (CAQ) et celle du PLQ pour mener à bien ses projets politiques.»

Pour en savoir plus

  • Le Québec a réellement commencé à s’affirmer en tant qu’entité à partir des années 60 et de la « Révolution tranquille » : un période de grands changements sous l’égide de Jean Lesage et du parti libéral du Québec.
  • Le Parti Québécois , regroupement des forces indépendantistes, est fondé en 1968. Depuis lors, l’idéologie indépendantiste a connu une nette progression dans le paysage politique.
  • L’idée du Québec indépendant prend une dimension internationale quand, en 1967, le Général de Gaulle en visite à Montréal, prononce la célèbre phrase « Vive le Québec libre ! »
  • En 1976 le Parti Québécois arrive au gouvernement, et met en place une série de réformes dont la loi sur la protection de la langue française. Depuis lors, parti québécois et parti libéral du Québec se partagent le pouvoir.
  • En 1980 et 1995, des gouvernements sous l’égide du Parti Québécois ont proposé à la population un référendum sur l’indépendance de la province. Par deux fois, les Québécois ont rejeté cette proposition (59,56% en 1980 et 50,58% en 1995). Le sondage le plus récent à ce sujet montre que seulement 28% des Québécois sont favorables à une indépendance vis-à-vis du Canada.
  • Pour la première fois, les élections du 3 septembre dernier ont désigné une femme pour prendre la tête du gouvernement : Pauline Marois , du Parti Québécois. Et bonne nouvelle pour la parité, 42 des 125 députés seront des femmes, soit 33,6%, selon le Conseil du statut de la femme.
  • Les priorités de Pauline Marois à court terme : une réforme de la Charte de la langue française, et de nombreuses mesures concernant l’éducation (abrogation de la loi 78 sur les manifestations, annulation de la hausse de 82% des frais de scolarité).

A plus grande échelle, l’élection du PQ risque de raidir les relations avec le pouvoir fédéral de Stephen Harper, Premier ministre du Canada. L’un de cheval de bataille du PQ étant le rapatriement du pouvoir au niveau provincial, notamment en matière de politique d’immigration et d’indemnisation des chômeurs. Réagissant aux résultats de l’élection, Mr Harper a déclaré par voie de communiqué que « les Québécois […] ont pris la décision d‘élire un gouvernement minoritaire dirigé par le Parti québécois » et « nous ne croyons pas que les Québécois veuillent rouvrir les vieilles chicanes constitutionnelles du passé ».

Lors de sa campagne électorale, Mme Marois a également promis la tenue d’un référendum concernant l’indépendance de la province. Le PQ a déjà tenté, par deux fois, d’enclencher des négociations menant à la souveraineté du Québec. Les référendums de 1980 et 1995 se sont soldés par un échec, avec respectivement près de 60 % et 51% de non.

Selon Manon Globensky, le retour du PQ au pouvoir est un choix de la population québécoise pour exprimer son mécontentement contre le PLQ, au pouvoir depuis près de dix ans. Les nombreuses affaires de corruption et la contestation étudiante du printemps ont fortement entaché l’image de ce parti.

Depuis les années 1970, la vie politique de la province est rythmée par une alternance entre souverainistes et fédéralistes.

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