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Le système "crypto-autoritaire" d'Angela Merkel

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Le système "crypto-autoritaire" d'Angela Merkel

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Au pouvoir depuis bientôt sept ans, Angela Merkel
est devenue sans conteste le dirigeant politique le plus puissant de l’Union européenne. S’appuyant sur la suprématie de l‘économie allemande et sur la bonne santé de ses comptes publiques, la chancelière a su imposer au “Vieux Continent” la rigueur budgétaire, sa recette pour affronter la crise de la zone euro.

Mais elle s’est attirée les foudres des Grecs ou encore des Espagnols qui l’accusent de vouloir imposer un diktat et d‘être responsable de la montée du chômage. La semaine dernière à Madrid, la chancelière a été conspuée aux cris de “Non à une Europe allemande” et “Merkel go Home.”

Surnommée la chancelière de fer par ses détracteurs, elle est même apparue en Terminator dans le magazine britannique NewStatesman qui la considère comme le leader le plus dangereux en Europe. Elle n’a pas non plus été épargnée par ses homologues politiques, certains jugeant ses méthodes trop frileuses pour sortir l’Europe de la crise. Au G20 de Los Cabos, elle a aussi subi des pressions de la part des pays les plus pénalisés par la flambée des taux d’intérêt de la dette. Mais la chancelière est une femme tenace comme le montre son parcours politique.

Angela Kasner, son nom de jeune fille, naît à Hambourg en juillet 1954 d’un père pasteur et d’une mère institutrice. La famille s’installe un mois et demi plus tard en RDA. Après la réunification, la jeune femme devient membre de la CDU. Helmut Kohl la nomme en 1991 ministre de la Femme et de la Jeunesse. Elle n’a alors que 37 ans. Puis c’est l’ascension politique : en 2000, elle prend la direction du parti chrétien-démocrate. Puis en 2005, c’est la consécration : elle accède à la chancellerie où elle sera réélue quatre ans plus tard.

En dépit de défaites lors des élections régionales, Angela Merkel garde une bonne cote de popularité auprès des Allemands. Ils seraient environ 65% à lui faire confiance.

Mais dans son propre parti, certains gardent “les poings serrés dans les poches”. C’est ce qu’affirme dans son dernier livre “La Marraine”, le professeur de littérature et conseillère en politique et économie, Gertrud Höhler. Elle a analysé le système Merkel- et le décrit comme “crypto-autoritaire”. Höhler, considérée comme ministrable sous Helmut Kohl, connaît très bien la CDU.
“Nous vivons dans une démocratie avec une forte pression pour le consensus. C’est pour cela qu’il y en a qui serrent les poings, souligne Höhler. Celui qui n’approuve pas, comme dans une sorte de parti unique, sait qu’il sera isolé ou qu’il perdra son poste. Et je dois dire que ce genre d‘évolution où tout le monde votent pour la même chose, me rappelle bien sûr les systèmes totalitaires”.