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Le "oui mais" de l'Allemagne au Mécanisme européen de stabilité


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Le "oui mais" de l'Allemagne au Mécanisme européen de stabilité

C’est un bon jour pour l’Allemagne et l’Europe. Dirigeants politiques et analystes saluent la décision de la Cour constitutionnelle allemande.

A Karlsruhe ce matin, les huit juges ont donné leur feu vert à la ratification par Berlin des textes de lois sur le futur Mécanisme européen de stabilité et le Pacte budgétaire européen.

Les dirigeants de la zone euro, la chancelière Angela Merkel en tête, ne cachent pas leur soulagement: le refus de la Cour aurait mis en péril l’avenir de la monnaie unique et la gestion de la crise financière: “L’Allemagne envoie un signal fort à l’Europe et au delà souligne la chancelière. L’Allemagne a pris ses responsabilités en tant que partenaire fiable et plus grande économie européenne”

C’est fin juin, après l’approbation du Parlement sur ces textes, que les détracteurs du Mécanisme européen de stabilité saisissent la Cour et déposent plusieurs plaintes. Parmi eux, des eurosceptiques de la coalition au pouvoir, des représentants du parti de gauche Die Linke et une association réunissant 37.000 citoyens allemands.

Leur principale crainte : que la ratification de ces textes limitent la souveraineté du Parlement au profit de Bruxelles. Les juges les ont entendu: leur feu vert est assortie de conditions qui préservent le rôle clé du Bundestag : “Le Parlement a le dernier mot se félicite le président du SPD, Sigmar Gabriel. C’est aussi un message aux autres pays de l’Union européenne: le parlementarisme ne peut pas être démantelé par les technocrates”.

Le Mécanisme européen de stabilité, avec une capacité de prêt de 700 milliards d’euros, doit à terme remplacer le Fonds européen de stabilité financière doté de 500 milliards d’euros.

Parmi les 17 pays de la zone euro, la plus grosse contribution, 190 milliards, revient à l’Allemagne en vertu de son statut de première économie de la zone euro.

Principale réserve de la Cour: cette participation ne peut pas être augmentée sans avis du Bundestag : “Je trouve cela remarquable indique
Gregor Gysi dirigeant de Die Linke. Si les conditions émises par les juges ne sont pas remplies, les traités en vigueur ne sont plus valables pour l’Allemagne. En plus, on a limité la responsabilité des Allemands et on a renforcé la démocratie”.

Ce mécanisme mis au point pour venir en aide aux pays étranglés par leur dette a déjà été adopté par tous les autres Etats de la zone euro. Il devrait entrer en vigueur début octobre.

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