DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Ces Français qui s'exilent fiscalement en Belgique

Vous lisez:

Ces Français qui s'exilent fiscalement en Belgique

Taille du texte Aa Aa

Une manifestation à Bruxelles contre les rentiers qui viennent profiter du système belge… L’affaire Bernard Arnault n’en finit décidément pas de faire des vagues. Si l’intérêt de la première fortune de France pour la Belgique alimente encore les spéculations, 2.000 à 5.000 Français ont bien choisi la Belgique pour des raisons fiscales. Les explications de l’avocat fiscaliste Manoël Dekeyser :

“ En Belgique, vous ne connaissez pas d’impôts sur les plus-values sur les cessions de porte-feuilles contrairement à la France, en matière d’impôt sur le patrimoine la Belgique ne connaît pas cet impôt que peu de pays pratiquent dans le monde qui est l’Impôt sur la fortune, et puis les donations en Belgique sont taxées de 0 à 7% sur les valeurs mobilières et en France c’est nettement plus élevé. “

L’imposition à 75% des très hauts revenus voulue par François Hollande aurait accentué la tendance à l’exode. Caroline Lucidi-Joubert est chasseur immobilier pour une clientèle française. Son activité a augmenté de 50% en quelques mois, et les profils sont plus variés.
“ Ils sont de plus en plus jeunes maintenant, ce sont des familles avec des enfants, donc 40-50 ans, et puis j’ai la clientèle de retraités ou de gens qui arrêtent de travailler et qui veulent protéger leur patrimoine “ , nous dit-elle.

Alain Lefebvre est l’un rares à parler ouvertement d’exil fiscal. Il s’est installé en Belgique en 2005 et n’a pas payé de plus-values en vendant ses parts dans des revues françaises. Aujourd’hui, il édite un magazine pour les expatriés et dit regretter une forme de mépris.

“ On est très égalitaristes en France, on aime pas ce qui dépasse, les têtes qui dépassent, on aime pas les gens qui réussissent, on aime pas les entrepreneurs, patron est un gros mot en France… “ , nous confie-t-il.

Mais il ne faut pas s’y tromper. En Belgique, si le capital est peu taxé, le travail l’est lourdement. Et cela concerne une bonne partie des 200.000 Français sur place au même titre que les Belges.