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Tunisie : aux prises avec la justice, le journaliste Soufiène Chourabi craint pour sa vie


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Tunisie : aux prises avec la justice, le journaliste Soufiène Chourabi craint pour sa vie

Le journaliste et bloggeur Soufiène Chourabi vient de gagner un peu de temps face à la justice tunisienne. Interpellé le 5 août dernier avec son collègue Mehdi Jelassi et une amie alors qu’ils campaient sur une plage de Kelibia, ils sont accusés d’outrage publique à la pudeur. Le tribunal a aujourd’hui reporté le jugement de l’affaire au 9 octobre prochain mais le journaliste craint pour sa vie dans un contexte de montée de l’extrémisme religieux.

Pour Anis Ezzine, l’avocat de Chourabi, cette accusation passible de 6 mois de prison ne tient pas. Il explique à euronews : “ il n’y a aucune preuve de l’outrage publique à la pudeur. Il n’y a pas de public, ils étaient dans une tente, assoupis. La police a, en passant, pénétré dans la tente sans permission “. Le procureur général a par ailleurs abandonné l’accusation de “ consommation d’alcool sur la voie publique “ puisqu’il n’y a “ aucune mention d’alcool dans le procès verbal de la police “. Selon l’avocat, le report du jugement lui permettra de mieux étudier le dossier, ses nouveaux éléments, et de demander l’acquittement.

Bloggeur lauréat d’un prix pour la liberté de la presse et critique du régime de Ben Ali comme du principal parti islamiste actuellement au pouvoir, Soufiène Chourabi a des raisons de croire que son arrestation est politique. Dans un communiqué, il dénonce : “ je pointe du doigt directement les partisans et les disciples d’Ennahdha qui ont l’habitude d’utiliser des méthodes sales et contraires à l‘éthique pour cibler ceux qui s’opposent à eux en opinion “.

“ Je crains pour ma vie “

Contacté par euronews, le journaliste qui travaille pour l’Institute For War and Peace Reporting en Tunisie se confie : “ je ne me sens vraiment pas à l’aise dans cette période avec la montée exacerbante du salafisme et de l’extrémisme. Je crains pour ma vie à chaque fois que je descends suivre les évènements auxquels participent des partisans [du principal parti islamiste Ennahdha] “. Son arrestation n’a pas contribué à calmer les tensions : “ je crains qu’ils m’attaquent car ils me voient comme un mécréant qui n’a pas respecté la sainteté du Ramadan. Des gens ont même appelé à me pendre “.

Ces menaces de morts, proférées par des utilisateurs anonymes sur les réseaux sociaux, font présager le pire pour lui mais aussi pour son pays. “ Je pense que la domination du parti Ennahdha avec l’appui des tendances extrémistes emmènera le pays vers une nouvelle dictature, mais cette fois-ci sous une forme théocratique, “ conclut Chourabi.

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