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OGM : peut-on encore renoncer au principe de précaution ?

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OGM : peut-on encore renoncer au principe de précaution ?

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Le professeur Gilles-Eric Séralini et son équipe auront travaillé dans le plus grand secret pendant deux longues années. Deux années à tester sur des rats le maïs Monsanto NK 603, associé sur certains à l’herbicide Roundup. Et les résultats sont à la hauteur des pires craintes d’une opinion publique européenne plutôt récalcitrante. Les rats ont développé des tumeurs deux à trois fois plus nombreuses que ceux nourris au maïs sans OGM, les femelles étant les plus atteintes.

Chez les mâles, ce sont surtout les reins et le foie qui ont été endommagés. Pour ce professeur de biologie moléculaire français, c’est la preuve irréfutable de la toxicité des OGM. Depuis longtemps, de nombreuses ONG et les opposants aux OGM demandent à l’Union européenne de tester plus longuement les organismes génétiquement modifiés avant de les autoriser à l’importation ou à la culture sur le sol européen. Marco Contiero, de Greenpeace, explique que l’EFSA, l’Agence européenne de sécurité des aliments, se fonde sur des études de 28 jours en moyenne, qui vont parfois jusqu‘à 90 jours. Le seuil de 90 sera bientôt obligatoire, assure la Commission.

Les OGM en France et en Europe :

  • L’Union européenne autorise en tout 46 OGM, dont 44 seulement pour la commercialisation via des importations. On y trouve 26 variétés de maïs, 8 de coton, 7 de soja, 3 de colza, 1 pomme de terre et 1 betterave.
  • Les OGM importés sont utilisés pour l’alimentation animale, ainsi que dans la fabrication de produits alimentaires pour l’homme : la farine, la semoule de maïs, l’huile de soja ou de colza. Ces ingrédients peuvent se retrouver dans les céréales pour petit déjeuner, les biscuits apéritifs, la chapelure, les plats cuisinés, les sauces, la charcuterie, les crèmes desserts, les potages, les pâtisseries…
  • De nombreux additifs alimentaires/ sont issus du maïs et du soja : l’amidon oxydé (E 1404), les phosphates d’amidon (E 1410, E 1412 à E 1414), le sorbitol (E 420), la lécithine de soja (E 322) ou l’huile de soja oxydée (E 479b).
  • Si des produits contiennent plus de 0,9% d’OGM, la réglementation européenne impose un affichage signalant la présence d’OGM.
  • La culture d’OGM est interdite en France et très limitée en Europe, mais les pays de l’Union européenne importent plusieurs céréales génétiquement modifiées, surtout pour l’alimentation animale, et autorisent un certain nombre d’OGM comme ingrédients ou additifs.

Mais est-ce suffisant ? Il est vrai que les études sur le long-terme coûtent très cher et que les chercheurs indépendants peinent à trouver les financements. Celle du professeur Séralini a coûté plus de trois millions d’euros et été financée en partie par des contributions de la grande distribution. Marco Contiero rappelle d’ailleurs que c’est habituellement l’industrie qui finance et fournit les études, ce qui laisse planer le doute sur leur neutralité.