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Les géants américains du web créent leur lobby


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Les géants américains du web créent leur lobby

Les grands acteurs américains du web se sont regroupés pour murmurer à l’oreille des politiques de Washington. Concurrents économiques parfois acharnés, quatorze grandes entreprises de la Silicon Valley, dont Google, Facebook, Amazon et eBay, ont officialisé le 19 septembre dernier la création de l’Internet Association.

Les autres membres ont été révélés lors de la présentation du projet et le lancement de son site officiel. Elle compte désormais aussi Yahoo, Zynga (éditeur de jeux vidéo), Expedia (agence de voyages), IAC (conglomérat), LinkedIn (réseau social professionnel), Monster (recherche d’emploi), AOL, RackSpace (hébergement), TripAdvisor (tourisme) et SalesForce (cloud computing – informatique dématérialisée).

L’objectif de ce groupe d’intérêt est officiellement de « faire avancer les politiques publiques pour renforcer et protéger l’internet libre, favoriser l’innovation et le développement économique et donner du pouvoir aux utilisateurs d’internet ». Un discours consensuel relayé par son président, Michael Beckerman : « nous allons nous tourner vers les internautes pour avoir leurs avis et leurs commentaires sur le débat public pour être sûr qu’ils sont engagés à nos côtés et pour être sûr de rester au plus près de leurs opinions lorsque nous nous battrons au corps à corps afin qu’Internet reste libre et innovant. ».

Ce saupoudrage participatif, relativement attendu pour des entreprises du web à l’époque des réseaux sociaux, cache mal la véritable nature de ce groupe : un lobby. Beckerman a, dans une autre interview, déclaré que « les politiques doivent comprendre que la préservation de la liberté est essentielle à la vitalité d’internet lui-même et de la prospérité économique qui en résulte. » Et pour faire passer le message, c’est, selon Beckerman toujours, le devoir de l’Internet Association « d’éduquer les régulateurs et législateurs […] sur le fonctionnement d’internet et comment internet impacte l’économie américaine et mondiale ». Beckerman connait ces futurs interlocuteurs, pour avoir travaillé dernièrement sur les télécommunications auprès des élus du Capitole, au sein du Committee on Energy and Commerce (équivalent d’une mission parlementaire sur l’énergie et le commerce).

En ligne de mire : les propositions de lois telles PIPA (Protect IP Act) et SOPA (Stop Online Piracy Act)

Pour l’Internet Association, les différentes propositions présentées jusqu’à présent au Capitole, telles que PIPA et SOPA, dont l’objectif affiché est la lutte contre le piratage et la contrefaçon, se révèlent inefficaces et risquent mettre à mal leur activité. Ces deux propositions ont été d’ailleurs abandonnées au début de l’été suite à de nombreuses actions et manifestations notamment menées par d’autres groupes de circonstances défendant un internet libre, la Internet Defense League ou la Net Coalition.

Le lancement de ce lobby donnera une puissance de feu plus grande à des entreprises déjà bien implantées dans les couloirs de Washington. Google, pour ne prendre que cet exemple, a doublé ses dépenses en lobbying pour la seule année 2011, dépassant Microsoft dans ce domaine. Notamment menacée par une enquête pour position dominante dans la recherche internet, puis par PIPA et SOPA, la firme a dépensé plus de 9,5 million de dollars en 2011, soit une somme en augmentation de près de 90 % par rapport à l’année précédente.

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