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OGM : l'étude-choc pousse Bruxelles à se pencher sur la question


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OGM : l'étude-choc pousse Bruxelles à se pencher sur la question

Cette image a fait le tour du monde. Un rat de laboratoire nourri aux OGM du géant américain Monsanto. La tumeur mammaire que cette femelle a développé fait froid dans le dos.

Pendant 2 ans, des chercheurs français ont travaillé dans le plus grand secret sur des rats nourris aux maïs transgénique, traité ou non à l’herbicide Roundup, et les résultats sont effrayants : une mortalité bien plus rapide au cours de la consommation de chacun des deux produits et des tumeurs monstrueuses.

“Les tests réglementaires sont sur trois mois et les gros troubles de pathologie en particulier les morts de rats par tumeur arrivent au quatrième mois”, explique le docteur Spiroux, co-auteur de l‘étude et président du comité qui l’a piloté, le CRIIGEN. “Ça veut dire que les tests réglementaires de trois mois sont inefficaces pour marquer l’impact sur la santé d’un traitement OGM ou d’une alimentation OGM au long cours dans la vie”

Que vont faire Paris et Bruxelles de cette étude ? Les agences sanitaires françaises et européennes sont saisies.
Pour les écologistes, rien de surprenant. Corrine Lepage, députée européenne et fondatrice du CRIIGEN, ne compte pas en rester là.

“Nous avons mis les pieds dans le plat comme on dit en français et j’espère bien que les choses vont changer”, a déclaré l’ancienne ministre française de l’Environnement. “J’ai, du reste, saisi les 27 ministres des pays membres et monsieur Dalli, commissaire européen à la santé, pour demander la généralisation des études sur deux ans de tous les OGM consommés en Europe”.

Ecologistes et anti-OGM d’un côté. Industriels, agriculteurs et autorités européennes de l’autre. La bataille fait rage depuis de longues années.

En 2010, la Commission européenne a proposé un compromis. Elle conserve le droit d’autoriser la production et l’importation d’OGM mais laisse le choix aux Etats de les interdire

Dix pays concentrent à eux seuls 98% de la superficie mondiale cultivée en OGM, soit 160 millions d’hectares. En tête les Etats-Unis, le Brésil et l’Argentine.

En Europe, seuls huit pays sur 27 cultivent des OGM.

L’Espagne et la Portugal concentrent 90% des cultures. Le maïs mon810 est aussi cultivé en Roumanie, en Suède, en Slovaquie, en Pologne, en République Tchèque et en Allemagne.

République Tchèque, Suède et Allemagne cultivent aussi de petites quantités de pomme de terre Amflora.

D’autres pays comme la France ou l’Italie ont instauré un moratoire.

Dans une opinion publique déjà très réservée à l‘égard des OGM, L‘étude française a fait l’effet d’une bombe. Elle sera passée au crible par l’Agence européenne de sécurité des aliments. Bruxelles a promis d’en tirer toutes les conséquences.

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