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Charlie Hebdo, un journal pas comme les autres

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Charlie Hebdo, un journal pas comme les autres

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En publiant de nouvelles caricatures de Mahomet, Charlie Hebdo a encore une fois enflammé le débat public. Le journal satirique est toujours allé très loin dans la provocation, sa marque de fabrique. De tradition libertaire, à l’esprit caustique et irrévérencieux, la ligne éditoriale de l’hebdo est clairement de gauche.

Pour son directeur, tout est permis, car la liberté d’expression en France est sacrée. “On ne peut pas caricaturer Mahomet en France? Si évidemment qu’on peut caricaturer Mahomet, on peut caricaturer tout le monde en France; je ne reproche pas à un musulman de ne pas rigoler à nos dessins mais qu’ils ne viennent pas nous dire sous quelle loi il faut qu’on vive, moi je vis sous la loi française, je ne vis pas sous la loi coranique”, explique Charb, de son vrai nom Stéphane Charbonnier. Pour lui et ses collaborateurs, on peut donc rire de tout. En théorie du moins, puisque il voit une spécificité à cette polémique : “Le seul sujet qui pose problème visiblement c’est quand l’on parle de l’islam radical. Quand on attaque très violemment l’extrême droite catholique, personne n’en parle dans les journaux, mais on n’a pas le droit de rigoler des intégristes musulmans. C’est une nouvelle règle qu’il va falloir inscrire mais on ne la respectera pas.”

Car le crédo de l’hebdo, c’est ne pas se laisser influencer ou museler par les pressions. L’an dernier les locaux sont la cible d’un incendie criminel provoqué par un cocktail molotov. Le site internet du journal est piraté. La rédaction prévoyait de sortir un numéro baptisé Charia Hebdo pour «fêter la victoire » du parti Ennahda en Tunisie.

L’histoire de Charlie Hebdo commence avec Hara-Kiri sous la houlette d’un grand provocateur, le professeur Choron. Le journal, qui se proclame “bête et méchant”, est plusieurs fois interdit jusqu‘à ce jour de novembre 1970 et la mort du général De Gaulle. L’hebdo titre alors en couverture, “Bal tragique à Colombey – un mort “, en référence à un incendie qui avait fait 146 victimes dix jours plus tôt dans une discothèque. Interdit de paraître par le ministre de l’Intérieur, le journal trouve la parade en changeant son titre : il devient Charlie Hebdo.

Depuis, il n’a pas changé fondamentalement de ligne même si les directions se sont succédé, les dessinateurs ont changé mais l’esprit reste le même. Charlie a affronté de nombreux procès, notamment de l‘église catholique. Les politiques sont souvent visés par ses caricatures, mais les religions aussi. Toutes les religions. Et le journal n’est jamais tendre, avec aucune d’entre elles. Charlie Hebdo déclenche le rire ou le scandale. Reste qu’en plus de 50 ans d’existence, sous ce nom ou un autre, l’esprit du journal n’a pas changé.