DERNIERE MINUTE

Vous lisez:

Turquie : l'armée perd son procès contre le pouvoir


Turquie

Turquie : l'armée perd son procès contre le pouvoir

Après une centaine d’audiences reparties sur près de deux ans, le procès des 365 militaires turcs, accusés de complot contre le gouvernement, est arrivé à son dénouement. La justice turque leur reproche d’avoir fomenté en 2003 une série d’attentats pour chasser l’AKP du pouvoir. L’opération baptisée “masse de forgeron” prévoyait, selon l’accusation, de faire exploser notamment deux bombes dans deux mosquées d’Istanbul pour semer le chaos et justifier une intervention pacificatrice de l’armée.

Les accusés ont toujours clamé leur innocence. Parmi eux, l’ancien général et cerveau présumé de l’opération, Cetin Dogan : “Ce procès n’a pas de base légale. Nous allons le prouver. Ecoutez-nous avec attention et racontez-le à l’opinion publique. Dites leur ce qu’il se passe en Turquie”, disait-il en décembre 2010. Quelques mois plus tôt, un quotidien turc avait révélé les accusations de coup d’Etat impliquant le général Ilker Basbug, alors chef des armées, qui avait laissé éclaté sa colère devant les caméras : «Comment des soldats qui crient «Allah» lorsqu’ils reçoivent l’ordre par l’armée d’attaquer, peuvent-ils poser une bombe dans une mosquée qui est justement la maison d’Allah? Vous n’avez vraiment aucun scrupule”, lançait-il à ses accusateurs.

Beaucoup ont vu dans ce procès un bras de fer entre d’un côté, l’armée, très influente il y quelques années encore dans la vie politique turque, et de l’autre, le gouvernement islamiste-modéré, déterminé à écarter les militaires du pouvoir. Les réformes entreprises depuis 2003 par Recep Tayyip Erdoğan n’ont cessé de faire monter la tension entre les deux camps. Une tension qui avait atteint son apogée en 2007 lors de l‘élection à la présidence turque d’Abddullah Gül, un membre de l’AKP auquel l’armée était hostile. Une armée responsable de trois coups d’Etats entre 1960 et 1980 et qui, en 1997, avait poussé à la démission le premier gouvernement formé par des islamistes. Autoproclamée gardienne de la laïcité et de l’héritage d’Atatürk, l’armée était, jusqu‘à ce procès, considérée comme intouchable.

Chaque histoire peut être racontée de plusieurs manières differentes : retrouvrez les perspectives des autres journalistes d'euronews dans nos autres équipes linguistiques.

Prochain article

monde

La Turquie attend le verdict d'un procès contre des militaires