DERNIERE MINUTE

Vous lisez:

L'Etat libyen cherche à imposer son autorité


Libye

L'Etat libyen cherche à imposer son autorité

Rétablir l’ordre dans un pays marqué depuis toujours par la division ne sera pas facile. Et les difficultés actuelles confortent ceux qui s’opposaient à une intervention militaire en Libye au prétexte qu’elle ouvrirait une boite de Pandore, difficile à refermer. C’est pourtant la tâche à laquelle les nouvelles autorités libyennes veulent s’atteler sous la pression de la rue et avec l’aide de brigades spéciales. Le mot d’ordre : en finir avec les milices armées.

Deux semaines après l’attentat qui a coûté la vie à l’ambassadeur américain à Benghazi, l’Etat cherche à reprendre la main et asseoir son autorité. Cette attaque avait illustré la montée en puissance de groupes islamistes radicaux et l’incapacité du nouveau pouvoir à assurer la sécurité.

Très peu en Libye s’en sont réjoui. La population, dans sa majorité veut en finir avec ces milices qui font la loi depuis la chute de Kadhafi, et refuse de se voir confisquer sa révolution. Ils étaient des dizaines de milliers à descendre dans les rues vendredi pour exiger le désarmement de ces groupes avant d’attaquer un QG des miliciens et de les déloger par la violence. Bilan : 11 morts et des autorités poussées à réagir.

Le président de l’Assemblée nationale annonçait le lendemain “la dissolution de toutes les milices qui ne sont pas sous autorité de l‘état”, l’armée fixant un ultimatum de 48 heures.

Après la chute du régime, des centaines d’anciens rebelles ont occupé des bâtiments, des installations stratégiques, des propriétés de partisans et dirigeants de l’ancien régime. Certains ont rejoint les services de l’Intérieur ou de la Défense, d’autres refusent de rendre les armes.

Parmi eux, des djihadistes sous la coupe d’al Qaeda, des salafistes, partisans d’un retour aux sources de l’Islam. Les deux ayant en commun le rejet de la démocratie et surtout de toute alliance avec les Etats Unis et leurs alliés, ceux-là pourtant qui les ont libérés de Kadhafi.

Alors que la composition tribale du pays ne lui facilite pas non plus les choses, le pouvoir central, légitimé par les urnes mais fragile, devra donc gérer avec cette composante là.

Pour l’heure il semble plus dépassé par l’ampleur de la tâche et n’inspire pas vraiment confiance.

Chaque histoire peut être racontée de plusieurs manières differentes : retrouvrez les perspectives des autres journalistes d'euronews dans nos autres équipes linguistiques.

Prochain article

monde

Les Portugais en colère