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Confidentialité des données : Google doit revoir sa copie


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Confidentialité des données : Google doit revoir sa copie

Les conclusions d’un audit mené par la CNIL (Commission nationale française de l’informatique et des libertés) rendu public ce matin démontrent que les nouvelles règles de confidentialité de Google, entrées en vigueur le premier mars dernier, ne sont pas « en conformité » avec la législation européenne de protection des données personnelles. Mandatée par les autorités de protection des données de chaque pays membres (regroupées au sein du groupe de travail «Article 29»), l’autorité française a indiqué que le géant de l’internet se doit de respecter la législation de l’UE.

« Google a quelques mois, trois ou quatre mois, pour se mettre en conformité. S’il ne prend aucune mesure, alors nous entrerons dans une phase contentieuse », a indiqué la présidente de la CNIL, Isabelle Falque-Pierrotin, lors d’une conférence de presse organisée mardi 16 octobre à Paris. « Nous avons privilégié le dialogue jusqu‘à maintenant et nous demandons des ajustements », a-t-elle assuré. Mais si l’entreprise tarde à agir, « les autorités de plusieurs pays pourraient alors prendre des sanctions contre Google et cette démarche serait facilitée par notre position commune ».

Google a invoqué que les nouvelles règles de confidentialité sont dues à une simplification de sa politique en la matière. L’entreprise a ainsi fusionné, en mars dernier, 60 règles d’utilisation en une seule.

La CNIL pointe surtout le peu d’information fournie par l’entreprise américaine aux utilisateurs concernant l’utilisation de leurs données personnelles. Le partage de données entre les différents services proposés par Google (moteur de recherche, maps, Youtube, Android…), une mesure mise en application lors du changement de règles, représente l’entrave la plus flagrante aux préconisations en vigueur en Europe. Concrètement, les internautes, au gré de leur parcours sur la toile, laissent des « traces » sur les différents sites liés à Google. Par exemple, des données récoltées sur Youtube peuvent être réutilisées par Gmail. Un croisement d’informations qui est particulièrement inquiétant pour les autorités de protection des données.

Enfin, pour la CNIL, la politique de conservation des données est également problématique. En effet, contrairement à d’autres acteurs majeurs du web, tel Microsoft et son moteur de recherche Bing, Google a refusé de préciser pendant combien de temps les données étaient conservées.

Sur son compte Twitter, la CNIL a affirmé que Google avait peu coopéré pendant l’enquête. Elle a également demandé à l’entreprise de s‘engager publiquement sur le respect des règles de protections de données.


Mais selon la firme californienne, ses nouvelles règles sont déjà conformes. Dans un communiqué, Peter Fleischer, responsable de la vie privée au niveau mondial, a déclaré : « notre nouvelle politique de confidentialité démontre notre engagement continu pour protéger les informations de nos utilisateurs et créer des produits de qualité. Nous sommes confiants dans le fait que nos politiques de confidentialité respectent la loi européenne ». Une déclaration identique avait déjà été faite en juin dernier.

Pour Google, les conclusions de la CNIL ne sont pas franchement une bonne nouvelle. L’image de l’entreprise, déjà écornée par l’enquête de la Commission européenne pour abus de position dominante, risque d’en pâtir encore plus.


Protection des données à caractère personnel, vidéo de la Commission européenne

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