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Jazz à Bakou

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Jazz à Bakou

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Il y a un peu plus de 20 ans dans les pays de l’ex-URSS, le jazz était la musique de l’Ouest. Une musique trop libre. Une musique de traîtres.

Les choses ont bien changé en Azerbaïdjan, où le saxophoniste Rain Sultanov a créé le festival de jazz de Bakou en 2005. Le rendez-vous du jazz dans la capitale du pays. L’occasion de découvrir une nouvelle génération de musiciens azéris.

Comment être un trio de jazzmen dans un pays qui a vraiment découvert le jazz avec l’indépendance en 1991 ? La réponse est simple : soyons patients.

“Ici en Azerbaidjan, peu de gens comprennent le jazz moderne mais il y a de plus en plus d’amateurs qui apprécient cette musique contemporaine”, explique le pianiste Afgan Rasul.
“Alors ça vaut le coup de jouer pour cette petite communauté qui grandit”.

Mais les musiciens d’Azerbaïdjan ne se contentent pas des scènes de leur pays natal, ils sont fréquemement programmés dans des festivals à l‘étranger. Cette année, le pianiste Afgan Rasul a atteint la demi-finale du concours du Montreux Jazz festival, un des plus prestigieux au monde.

Mais le festival de jazz de Bakou n’est pas consacré qu’aux talents du cru. Le pianiste grec Yiorgios Psihoyios a marqué le public avec son énergie.

“Mon style n’est pas clean, terne, plat. Y’a de l‘émotion, de la passion”, s’enflamme le pianiste
“Yiogios Psihoyios c’est comme Keith Jarrett. Je me reconnais dans cette tradition. Celle de l’improvisation absolue pendant le concert. Pas de partitions, pas de règles, pas de plans”.

Autre adepte de l’improvisation, le batteur russe Alexander Mashin. A Bakou, il a organisé une petite jam session avec les autres musiciens invités. L’occasion de mettre pour une fois sa batterie sur le devant de la scène.

“Ca fait plusieurs fois que je suis invité ici au festival de Bakou”, explique le jeune batteur. “Et j’ai joué avec presque tous les musiciens de jazz de ce pays. Je suis donc une sorte de pont entre Moscou et Bakou, c’est facile pour moi de jouer avec les musiciens d’ici”.

C’est ça, l’esprt du jazz. Cette capacité de jouer ensemble, de créer un son inédit, alors qu’on ne se connaissait pas avant de monter sur scène.

C’est ce qu’on fait le batteur russe Alexander Mashin et sa compatriote Alvetina Polakova au trombone en se joignant à leurs camarades
azerbaïdjanais.