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Le sacre d'un "monstre"

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Le sacre d'un "monstre"

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Pour une scène du film Dream, le réalisateur coréen Kim Ki-duk demande à son actrice de se pendre. Mais le réalisateur exige tellement de réalisme que la comédienne est à deux doigts de se tuer.
C’est ça, le cinéma de Kim Ki-duk.

Le Coréen s’est vu décerner un Lion d’Or cette année à Venise pour son nouveau film “Pieta”. Une consécration pour cet artiste touché par un complexe d’infériorité, qui vit retiré dans les bois et qui se décrit lui-même comme un monstre.

“Me définir comme tel, ça m’encourage à travailler toujours plus”, explique le réalisateur. “Le terme “monstre” insinue “prédateur”, “énorme”, “difficile à cerner”. Un monstre, c’est un monstre d’accord, mais je ne pense pas que cela soit si mal”.

Kim Ki-duk est devenu le porte-drapeau du 7ème art coréen. Son Lion d’Or pour “Pieta”, son 18ème film, l’a propulsé dans une nouvelle dimension : celle des grands réalisateurs.

“Pieta”, c’est une oeuvre choc. La tentative de rédemption d’un petit malfrat qui redécouvre sa part d’humanité dans une société hostile corrompue par l’argent. Une oeuvre parfois à la limite du soutenable. Puisque Kim Ki-duk filme la mutilation, la violence sexuelle ou encore le cannibalisme.

“Auparavant, Kim Ki Duk recherchait l’esthétique”, analyse le critique et universitaire Lee Taek-gwang. “Désormais, il évolue davantage vers le thème de la moralité, à l’image de “Pieta”. Je ne dirais pas que “Pieta” est un film très bien fait comparé à ceux d’avant mais il illustre bien ce changement chez le réalisateur”

Qu’il ait changé ou pas, les fans de Kim Ki-duk sont très nombreux en Corée du Sud. Reste à savoir si le réalisateur serait prêt à modifier radicalement son style pour faire de ses films des oeuvres réellement exportables et accessibles au plus grand nombre. Mais le compromis, ce n’est pas le genre du “monstre” Kim Ki-duk.