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Nouveau tour de vis au Portugal

Le Parlement portugais a donné son accord. Il y aura bien un nouveau tour de vis et pas des moindres. Le projet de budget 2013, qui devra encore être confirmé en novembre, comporte des hausse d’impôts historiquement élevées. Le prix à payer, explique le gouvernement de centre-droit, pour continuer à être soutenu financièrement par la troïka. Pas de quoi apaiser la contestation sociale dans un pays affecté par la récession la plus marquée depuis les années 70.
Maigre consolation, le délai d’un an de plus accordé au Portugal pour passer sous la barre des 3% de déficit. Il a jusqu’en 2014 pour y parvenir. Mais encore faut-il que ce budget 2013 passe le cap de la cour constitutionnelle, laquelle a déjà rejeté un plan d‘économies en juillet.

Pour prendre la mesure de ce nouveau tour de vis, Euronews a interviewé le directeur du “ Jornal de Negocios “. Voici la retranscription de cette interview :

Euronews : “ Ce projet de budget 2013, on peut l’appeler : encore de l’austérité. Quels seront les effets de ce budget sur la vie des Portugais ? “

Pedro Santos Guerreiro : “ Par rapport à l’austérité des dernières années, c’est de l’austérité en plus. Le plus grand impact de ce budget sur la vie des Portugais sera une réduction importante du revenu. D’abord à cause d’une énorme augmentation des impôts – comme l’a dit le ministre des finances – et surtout de l’impôt sur le revenu. A part l’augmentation de l’impôt sur le revenu qui est très forte, il y aura une baisse des déductions fiscales ainsi que l’augmentation d’autres impôts. Donc la charge fiscale prévue pour l’année prochaine sera infernale, surtout pour ceux qui ont un boulot et ceux qui ont du patrimoine. A part cela il y aura une baisse du revenu des retraités et la montée du chômage. Donc la peur pour l’année prochaine qui va s’ajouter à la baisse des salaires et du pouvoir d’achat, c’est une récession plus importante que celle déjà prévue, que le Portugal entame un cycle négatif et une spirale récessive. “

Euronews : “ Le ministre des Finances, Vitor Gaspar, répète qu’il n’y a pas d’autre alternative. Vous êtes d’accord ? Il n’y a pas un autre chemin ? “

Pedro Santos Guerreiros : “ La seule alternative serait de réduire la dépense de l’Etat, et c’est vrai que le gouvernement portugais aurait pu faire davantage dans la réduction de la dépense tout au long de l’année, mais arrivé le mois d’octobre de 2012, il n’y avait plus d’alternative, parce que ce qui nous est demandé au niveau de la réduction du déficit, ce que nous demande la Troïka est une réduction brutale et on n’a plus d‘échappatoire, car la Troïka conditionne totalement la politique budgetaire portugaise.

Euronews : “ Quand on parle en Europe, et surtout à Bruxelles, des pays qui souffrent de la crise, on parle toujours de la Grèce et de l’Espagne. Pourquoi est-ce que la crise au Portugal n’est pas perçue au même niveau ? “

Pedro Santos Guerreiro : “ Parce que le Portugal c’est le bon elève et ça c’est le paradoxe. Le gouvernement portugais applique toutes les mesures – et je veux dire toutes – les mesures imposés par la Troïka sans aucune contestation et la société portugaise a accepté la première année les mesures d’austerité, avec des protestations, mais elle les a acceptées. Le paradoxe c’est que malgré tout ça, ça ne marche pas, les revenus de l’Etat ne sont pas au rendez-vous. La situation n’est pas hors de contrôle, mais on n’a pas atteint les objectifs prévus. Vu de l’exterieur, l’image du Portugal est celle d’un pays qui respecte ses engagements. Et ça c’est vrai, le Portugal a respecté jusqu‘à maintenant toutes les mesures d’austérité et est en train de faire tout ce qui est exigé par la Troïka pour retourner sur les marchés financiers dès 2013. Malgré tout ça il me semble que la Troïka doit reconnaître qu’elle doit effectuer des changements dans sa politique sur le Portugal. “

Euronews : “ Le Portugal pourra-t-il sortir de la crise sans un nouveau sauvetage financier ? “

Pedro Santos Guerreiro : “ Oui, c’est possible de sortir de la crise sans un nouveau bailout, mais il faut un assouplissement des objectifs. Tel que le programme est prévu actuellement, c’est peu probable que le Portugal arrive a réduire le budget de l’an prochain, en grande partie parce que la récession sera plus grave. S’il n’y a pas de changement dans le programme de la Troïka, le pays pourrait être incapable de respecter les objectifs. Ca me semblerait une double erreur, car le Portugal est en train d’opérer un énorme rattrapage et une très forte consolidation des comptes qui ne peuvent pas être négligés, ni du côté portugais ni du coté des Européens. “

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