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Elections américaines : quel président en cas d'égalité Obama / Romney ?


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Elections américaines : quel président en cas d'égalité Obama / Romney ?

Le 7 novembre, au petit matin, les États-Unis se réveillent sans connaitre le nom de leur futur président. Au terme du dépouillement des bulletins de vote, les deux candidats n'ont pu se départager. Ni Obama, ni Romney n'ont pu atteindre la majorité absolue. Quel serait l'issue d'un tel scénario ? Le pays serait-il plongé dans un flou politique, institutionnel ? Euronews vous décrypte ce cas de figure.

L‘élection du président et du vice-président des États-Unis est définie par l'article II de la Constitution. Le président est élu au suffrage universel indirect. Dans chaque État, les Américains votent pour un “ticket” (président / vice-président). Le ticket gagnant 50% des voix ou plus, dans la quasi-totalité des états et selon la règle du “winner takes all”, gagne alors les voix de grands électeurs qui voteront pour lui le mois suivant. Chaque État dispose d’un collège électoral, un nombre de grands électeurs, en fonction de son poids démographique. La Californie, l’Etat le plus peuplé, dispose ainsi de 55 grands électeurs contre 3 pour le Montana, l’un des moins peuplé.

Au niveau national, 538 grands électeurs désignent le futur président des États-Unis. Pour remporter l’élection, l’un des candidats doit donc atteindre le seuil de 270, soit la majorité absolue.

Mais quid d’une égalité parfaite, soit 269 grands électeurs pour deux candidats (538 / 2 = 269) ?


Une simulation de vote qui pourrait aboutir à ce scénario d‘égalité

Certes, c’est un des scénarios des plus improbables. Des dispositions existent toutefois pour désigner le président, ainsi que le vice-président. Dans le cas d’une égalité des voix des grands électeurs, le vote définitif échoit alors au Congrès des États-Unis, selon le XIIe amendement de la Constitution des États-Unis.

Le 6 novembre, « Election day », les Américains ne se prononceront pas uniquement pour désigner leur futur président. La chambre des Représentants, chambre basse du Congrès, sera également entièrement renouvelée, soit 435 sièges. Le Sénat, chambre haute, sera lui renouvelé d’un tiers, soit 33 sièges sur total de 100.

En cas d’égalité 269/269, le président est désigné par le Chambre des Représentants. Dans cette procédure, chaque État ne dispose que d’une seule voix, quelque soit le nombre de Représentants défini par son poids démographique (la Californie dispose de 53 sièges, le Delaware ou le Vermont que d’un seul). L’objectif sera donc d’atteindre 26, les Etats-Unis étant constitués de 50 États. Selon nos calculs, 35 Etats ont une majorité de Représentants républicains. Les derniers sondages indiquent que cette domination républicaine ne sera pas remise en cause. Ainsi, Mitt Romney serait donc désigné 45è président des États-Unis.


© Etienne Barthomeuf

Le Sénat, quant à lui, désignera le vice-président. Contrairement à la Chambre des Représentants, ici chaque sénateur dispose d’une voix. Chaque État dispose de deux sénateurs. Le seuil de 51 voix doit donc être atteint pour désigner le vice-président. A l’heure actuelle, le Parti Démocrate détient la majorité au Sénat, disposant de 51 sièges, auxquelles s’ajoutent deux indépendants. Cette majorité ne risque pas, selon les sondages, de changer de main après le scrutin du 6 novembre. Le Sénat se prononcerait donc pour le candidat Démocrate, l’actuel vice-président Joe Biden.

Ainsi, dans ce scénario improbable, une non moins improbable coalition serait à la tête de l’exécutif américain : un président républicain et un vice-président démocrate.

Comment sont désignés les grands électeurs ?

Selon la constitution des Etats-Unis, chaque État est libre de choisir son système. Les partis organisent dans chaque Etat des primaires ou des conventions pour choisir ses grands électeurs. Le nombre de grands électeurs par Etat est défini par l’addition des représentants et sénateurs attribués à celui-ci : 53+2 pour la Californie par exemple. Le nombre total de grands électeurs correspond donc à l’addition des 435 représentants et des 100 sénateurs (435+100=535), auxquels s’ajoutent 3 grands électeurs pour Washington DC, qui n’est pas un État.

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