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Blog : l'électron libre du Col de Sarenne


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Blog : l'électron libre du Col de Sarenne

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Il y a un « avant » et un « après » Sarenne. Il aura suffit d’un reportage pour voir le monde d’une autre façon. Désormais le simple fait d’allumer un halogène de 500 watts est un crève-coeur, son sac poubelle commence à ressembler à un baril de pétrole, et on contemple le vide autour de soi en se demandant comment en tirer toute l‘énergie qu’il contient. Autre effet : on se dit qu’on aurait mieux fait de suivre un peu plus sérieusement ses cours de techno à l‘école. Et tout ceci parce qu’un homme, Fabrice André, nous a fait le tour du propriétaire de son beau chalet qu’il a construit un peu à l‘écart des hommes à un col traversé par une mauvaise route à 2000 mètres d’altitude.

Tout a commencé par un ami qui en famille a passé quelques jours dans un refuge. Il ne tarissait pas d‘éloges sur cet homme et la profusion de solutions énergétiques. Il n’y avait plus qu‘à le rencontrer. Recherche classique : site internet… et déjà beaucoup de choses. Un site officiel qui vante les mérites du « développement durable à 2000 mètres » et pas mal de liens sur des émissions et reportages en tout genre. Le téléphone ne répond pas. Email. Pas de réponse non plus. Je me mets à la recherche de son numéro de portable craignant cette période de l’intersaison qui frappe de léthargie une montagne « noire » coincée entre le vert estival et l’or blanc.

Et finalement, un mail et un numéro de téléphone. Le refuge est bien ouvert. Contact est pris. L’homme est chaleureux, on commence à parler développement durable, enfin quand je dis « on » c’est plutôt « il »… il est intarissable sur le sujet et au téléphone je ne cache pas que j’ai du mal à suivre quand on aborde la question de l‘énergie libre et de l‘énergie créée par la rotation… de la terre.

Bref il faut monter là haut pour en savoir plus. On recherche une sorte de fenêtre météo. Notre fenêtre est de toute façon étroite. Ce sera pour les 26 et 27 novembre, a priori la « dépression ne devrait pas être trop active » et nous sommes attendus pour le repas de midi.

On avale les 21 virages de l’Alpe d’Huez, petit arrêt devant l’altiport. Dernier coup de fil. On nous recommande de suivre la route goudronnée et de ne pas s’en écarter. Une montée sublime en dépit d’un ciel gris. Pas de neige si ce n’est sur les hauteurs. Huit kilomètres plus loin on arrive au chalet. Il est midi. Un lapin à l’ail des ours nous attend… dans nos assiettes.

Suivront deux jours de tourbillon énergétique à base d’inventions, de trouvailles, de réflexions, de prospective… Ce n’est plus le refuge de Sarenne c’est le refuge des électrons avec une belle porte ouverte sur l‘énergie libre. Ce qui s’est libéré aussi c’est la neige. En fin de nuit elle s’est mise à tomber pour ne plus s’arrêter. Quand nous sommes repartis alors que le deuxième jour commençait à s’effacer la route avait disparu sous trente centimètres de neige. Pas de problème. Fabrice connaît la route et les pointes de chardons la balisent encore.

Philippe Mathieu

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