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Mariage homosexuel en France : le débat fait rage


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Mariage homosexuel en France : le débat fait rage

Le projet de loi très controversé du gouvernement Ayrault a été présenté aujourd’hui en Conseil des ministres avec succès et doit maintenant faire son chemin vers les instances parlementaires qui statueront à partir de janvier 2014.

Va-t-on trop loin ou pas assez, c’est tout le débat qui risque de faire rage sur ce projet ouvrant le mariage et l’adoption aux couples homosexuels. L’essentiel du texte porte sur : “le mariage (…) contracté par deux personnes de sexe différent ou de même sexe”. Et par extension, le droit pour les couples homosexuels d’adopter ensemble un enfant.

Le président François Hollande a jugé mercredi en Conseil des ministres que ce projet de loi sur le mariage homosexuel représentait “un progrès pas seulement pour quelques-uns mais pour toute la société”, a indiqué la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem lors de son point presse hebdomadaire.

Dominique Bertinotti, ministre de la famille, parlait à l’issue de la réunion d’une “étape importante vers l‘égalité des droits”. Et d’ajouter “Le débat va se poursuivre au travers des auditions que vont mener les parlementaires. Toutes les opinions peuvent être entendues à condition que le débat reste de qualité”.

Réactions en pagaille

Et c’est bien à ce sujet que le “débât” blesse : l’encre n’a pas fini de couler et la bataille médiatique généralisée menace. “Trop loin”, clament l’opposition et les églises de tous bords, qui deviennent très virulentes. Ainsi le cardinal André Vingt-Trois lors de l’assemblée des évêques de France ce week-end taxait le projet de “supercherie”.

“Pas assez loin”, déplorent en revanche les associations homosexuelles qui regrettent que le projet de loi ne prévoie pas, notamment, l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes ou les questions de filiation. Elles seront renvoyées par le gouvernement à une future loi sur la famille (les députés socialistes ont déjà promis un amendement sur la PMA).
Les associations de défense des homosexuels ont aussi appelé l’opinion et les parlementaires à “résister aux pressions religieuses” alors que certains opposants comme l’Institut Civitas et l’association anti-avortement Alliance Vita, organiseront des manifestations les 17 et 18 novembre.

Selon un sondage BVA publié samedi, les Français restent cependant en majorité favorables, même si leur adhésion a faibli : 58% contre 63% en 2011 pour le mariage et 50% (contre 56%) pour l’adoption.

L’opposition va déjà jusqu‘à promettre l’abrogation du texte en cas d’alternance. Le groupe UMP à l’Assemblée nationale a renouvelé mercredi son appel à “un grand débat national” sur la question de l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de même sexe. De leur côté Marine Le Pen ou Christine Boutin (présidente du Parti Chrétien Démocrate et connue pour ses positions anti-Pacs en 1998) demandent un référendum.

La maire PS de Hantay qui s’apprêtait à célébrer en avance le mariage de deux femmes dans sa commune a renoncé à “cet acte civil non autorisé par la loi”, après avoir reçu de nombreuses réactions “violentes” et “menaçantes”, a-t-elle annoncé. Un sondage publié dans Midi-Libre indique qu’une “forte moitié” des maires de la Région Languedoc Roussillon se déclare prête à marier des personnes de même sexe si la loi sur le “mariage pour tous” est adoptée. En revanche environ un maire sur cinq affirme qu’il ne le fera pas, selon le même sondage.

La voie de l’Espagne ?

Hasard du calendrier, le tribunal constitutionnel espagnol a validé mardi la loi de 2005 sur le mariage et l’adoption pour les couples homosexuels. Un recours, déposé par le parti populaire trois mois après l’entrée en vigueur de la loi, contestait l’utilisation du mot “mariage” pour une union entre deux personnes du même sexe.

L’Espagne où la religion catholique est très puissante est pourtant l’un des premiers pays du monde à avoir autorisé le mariage entre personnes du même sexe et l’adoption, avec la Suède, pionnière en la matière, les Pays-Bas, la Belgique, l’Afrique du Sud et la Norvège.

La loi espagnole permet aux couples homosexuels de se marier, d’adopter des enfants ainsi que de recourir à la fécondation in vitro pour avoir des enfants. Elle permet également l’adoption pour les couples non mariés.

Entre 2005 et 2011, plus de 20.000 mariages homosexuels ont été célébrés dans le pays, soit 1,8% des mariages dans le pays, selon les chiffres de l’Institut national de la statistique.
La Fédération nationale des lesbiennes, gays, transexuels et bisexuels estime que quelque 30.000 mariages ont eu lieu jusqu‘à aujourd’hui, en raison d’une recrudescence des unions en 2011 avant l‘élection attendue de la droite.

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