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ArcelorMittal : la méthode Montebourg est-elle efficace ?

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ArcelorMittal : la méthode Montebourg est-elle efficace ?

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Depuis son entrée en fonction, le ministre du redressement productif manie le verbe comme il manierait le glaive : n’hésitant pas se lancer dans la guerre des mots, quitte à froisser les susceptibilités. Sa sortie contre les méthodes Mittal ce lundi et sa proposition de nationaliser temporairement les hauts-fourneaux de Florange n’auront pas manqué de faire leur effet juste avant la réunion entre François Hollande et Lakshmi Mittal. A quelques jours de l’expiration du délai accordé par le groupe à l’Etat français pour trouver un repreneur au site de Florange, l’idée fait son chemin à gauche comme à droite.

Premier producteur mondial d’acier, le groupe ArcelorMittal emploie 260 000 personnes dans 60 pays. Mais l’endettement représente près d’un quart de son chiffre d’affaires.
Au troisième trimestre 2012, ArcelorMittal a enregistré une perte nette de 547 millions d’euros dont 303 millions d’euros pour la division acier plats au carbone à laquelle appartiennent les sites français.

Au vu de ses résultats, le groupe de Lakshmi Mittal a donc été sanctionné par plusieurs agences de notation qui ont relégué la dette du groupe au rang d’investissement spéculatif.

L’Etat français reproche au dirigeant indien sa mauvaise gestion et “de ne pas tenir ses promesses” : en 2009, il avait fermé le site de Gandrange en promettant d’investir dans celui de Florange, avant finalement d’annoncer sa fermeture.

La faute, réplique Mittal, à la crise : le marché de l’automobile, gros pourvoyeur de commandes d’acier, est en berne, d’où ses difficultés.

Dans ces conditions, une nationalisation temporaire a de quoi séduire les dirigeants français. D’autant que la pratique n’est pas rare et n’est pas uniquement l’apanage de la gauche qui avait nationalisé plusieurs grandes entreprises en 1982.

En 2004, par exemple, le gouvernement de droite de Jean-Pierre Raffarin décide de sauver Alstom en devenant le premier actionnaire du groupe. Des parts que l’Etat revendra à Bouygues deux ans plus tard. Citons, aussi, l’exemple de General Motors sauvé par l’administration Obama en 2009.

A Florange, 628 postes sont en jeu. ArselorMittal emploie au total 20 000 personnes en France sur 150 sites.