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Faut-il encadrer les pratiques des journalistes britanniques ?

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Faut-il encadrer les pratiques des journalistes britanniques ?

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“Je l’ai appelée sur son téléphone et je suis tombée sur sa messagerie, et j’ai entendu sa voix, et donc pour moi elle avait écouté et effacé ses messages, donc elle était vivante”, témoigne Sally Dowler devant la commission Leveson.

Au printemps 2011, la Grande-Bretagne est sous le choc en apprenant que des journalistes de News of the World ont piraté le téléphone d’une petite fille disparue quelques années plus tôt et effacés les messages qui s’y trouvaient.

Le propriétaire du tabloid, Rupert Murdoch est contraint de présenter ses excuses à la famille.

“J’ai seulement dit que j’avais été atterré de découvrir ce qui s‘était passé et j’ai présenté mes excuses, c’est tout ce que j’ai à dire”, déclarait-il en juillet 2011.

La mort de News of the World fut, dès lors, actée en juillet 2011, et entraîna la mise en place de la commission Leveson sur l‘éthique des pratiques journalistiques en Grande-Bretagne.

En un an, de nombreuses personnalités se sont succédées devant la commission, racontant comment les pratiques intrusives de journalistes peu scrupuleux affectaient leur vie.

La mère de Madeleine McCann, disparue au Portugal en 2007, a, elle aussi, témoigné et expliqué comment un tabloid avait fait main basse sur son journal intime et publié des extraits.

“Je me suis sentie violée. J’avais écrit ces mots et couché ces pensées sur le papier dans l’un des moments les plus désespérés de mon existence”, a raconté Kate McCann.

L’enquête menée par la commission Leveson a également mis en lumière les étroites relations qui unissent hommes politiques, responsables de groupes de presse et hauts fonctionnaires de police.

Alors que Lord Leveson plaide pour la mise en place d’une autorité indépendante chargée d’encadrer la presse, au sein de la BBC on ne veut pas croire à l’instauration d’un organe de censure.

“Il n’y aura pas de censure étatique, aucun politicien de premier plan ne peut être en faveur de la censure, aucun politicien de premier plan ne soutient la mise en place d’un outil de régulation gouvernementale. Le débat est le suivant : si vous avez un organe de régulation de la presse comme c’est déjà le cas le législateur a-t-il un rôle à jouer dans la reconnaissance de cet organe de contrôle ?”, s’interroge Nick Robinson, journaliste politique à la BBC.

Pour la Société des journalistes britannique, il faut avant tout relativiser la portée de ce scandale.

Ce qui est réellement en jeu, c’est la liberté laissée à la presse pour rédiger ces millions d’histoires qui chaque jour aident à protéger la liberté du public , ces histoires là luttent contre l’injustice et aident les petites gens, les gens ordinaires”, estime Bob Satchwell, directeur exécutif de “Society of Editors”.

Reste que la concentration économique des titres de presse, dans quelques très grands groupes, n’encourage pas l’indépendance des journalistes, assurent certains.